Pierre Pringuet (Pernod Ricard) : « Le groupe a dépassé ses objectifs »

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Le numéro deux mondial des spiritueux (Absolut, Chivas, Jameson etc.) a dépassé ses objectifs de croissance grâce à ses marques premium. En 2015, Alexandre Ricard prendra bien les rênes du groupe nous confirme Pierre Pringuet, directeur général de Pernod Ricard.

Pernod Ricard a présenté ses résultats annuels 2011/2012 marqués par une hausse de 8% du chiffre d’affaires à 8,21 milliards d’euros et de 9% du résultat opérationnel courant à 2,11 milliards. Plus globalement, quel bilan tirez-vous de l’exercice écoulé ?

Pierre Pringuet : Le groupe a dépassé ses objectifs et délivré sa meilleure performance depuis la crise de 2007/2008. Nous sommes bien dans une phase d’accélération de la croissance avec une priorité donnée au développement de notre Top 14, nos marques stratégiques qui représentent 60% du chiffre d’affaires du groupe. Les volumes du Top 14 progressent de 3% mais de 10% en valeur grâce à un effet mix-prix soutenu qui traduit la stratégie de « premiumisation » du groupe. Nos 18 marques locales clés ne sont pas en reste avec une progression de 8% en valeur. L’innovation est plus que jamais au coeur de notre business model. A titre d’exemple, nous avons lancé le Breakthrough innovation group (BIG) chargée de réfléchir aux innovations de rupture dans le monde des vins et spiritueux.

Comment s’annonce le nouvel exercice ?

P.P : Nous communiquerons nos objectifs à l’occasion de la publication du chiffre d’affaires du premier trimestre 2012/2013, le 25 octobre prochain. Si le ralentissement de la croissance mondiale est une réalité, la bonne nouvelle provient de la résistance des Etats-Unis qui se confirme.

Comment ressentez-vous le ralentissement de la conjoncture en Europe ?

P.P : Les performances sont très marquées sur le Vieux continent, entre l’Europe de l’Est qui progresse encore de 16% sur le dernier exercice et l’Europe de l’Ouest qui stagne (-1%). La crise est une réalité, en particulier en Europe du sud (Italie, Espagne et Grèce) où les ventes sont en baisse. En Espagne, nous avions perçu les effets de la crise dès 2008. Les politiques d’austérité contribuent aussi à faire baisser nos ventes au Royaume-Uni (-4%). Pour autant, nous restons profitables dans tous ces pays.

Et la France ?

P.P : Notre chiffre d’affaires dans l’Hexagone a diminué de 1%. Mais la baisse de la consommation de spiritueux s’explique par la hausse des droits de 14% en moyenne qui a impacté en particulier la catégorie Anis.

Suite au décès brutal de Patrick Ricard le 17 août dernier, le groupe vient d’annoncer la nomination de Danièle Ricard, sa soeur aînée, à la tête du Conseil d’administration. Vous devenez vice-président du CA tout en conservant votre mandat de directeur général. Alexandre Ricard devient administrateur et directeur général délégué. Il prendra les rênes du groupe en 2015. Comment abordez-vous cette transition ?

P.P : Le décès de Patrick nous a tous marqués au sein du groupe. Visionnaire, il avait transformé en leader mondial le groupe créé par son père Paul Ricard. C’était un homme chaleureux, direct, accessible... Nous apprécions sa franchise. Pour ma part, j’avais prévu d’annoncer en novembre le nom de mon successeur en tant que dirigeant opérationnel du groupe. Au vu des circonstances et dans un souci de transparence, l’annonce a juste été anticipée de deux mois. La famille Ricard est indissociablement liée au groupe et Alexandre, qui a déjà fait ses preuves, a toutes les qualités pour le diriger. Le passage de témoin se réalise ainsi en toute clarté. Alexandre deviendra bien PDG en 2015.

Propos recueillis par Julien Gautier

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