Pierre Nebout (Edmond de Rothschild AM) : « Trop tôt pour revenir sur les cycliques »

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A ce stade du cycle de la crise, il est encore trop tôt pour revenir sur les cycliques, il faut continuer à privilégier les valeurs défensives selon Pierre Nebout, gérant actions françaises chez Edmond de Rothschild Asset Management.

Quel scénario les marchés intègrent-ils pour 2009 à l’heure actuelle ? Comment abordez-vous la suite ?

Pierre Nebout : Beaucoup de mauvaises nouvelles sont déjà intégrées dans les cours. La crise immobilière et financière a commencé à se propager au secteur industriel qui est entré en récession en Europe à partir de septembre de façon assez violente. Certains titres ont déjà beaucoup baissé. Nous restons prudents sur les valeurs cycliques. A ce stade du cycle, il est encore trop tôt pour revenir à l’achat sur ce type de valeurs. Les entreprises concernées ont publié au premier semestre des résultats marqués par des niveaux de marge historiques. Même si le marché a intégré le retournement, la traduction dans les cours des révisions de résultat à la baisse n’est pas forcément achevée.

Justement, comment votre fonds Tricolore Rendement traverse t-il la crise ?

P.N : Depuis le début de l’année, le fonds surperforme son indicateur de référence, le SBF 120. Nous n’avons pas beaucoup modifié la composition du portefeuille qui était configuré de manière assez défensive. Nous avons privilégié les valeurs télécoms, les pharmas et les pétrolières intégrées au détriment des valeurs plus cycliques et des financières. Nous préférons également privilégier les valeurs de rendement présentant un niveau de sécurité élevé. Beaucoup d’entreprises vont réduire ou supprimer le dividende mais cela n’est pas encore annoncé. Lafarge, par exemple, offre un rendement facial élevé de 10% mais le marché met en doute la distribution de ce dividende. Nous attendons encore pour entrer sur la valeur malgré le rendement promis. Leur exposition aux pays émergents ainsi que leur endettement suite à l’opération Orascom nous incitent à la prudence.

Etes-vous investi dans le secteur automobile ?

P.N : Le secteur européen est clairement en surcapacité. Même les ventes de Logan sont actuellement à la peine, ce qui n’est guère rassurant. La complexité du bilan de Renault en raison de ses liens capitalistiques avec Nissan nous incitent ainsi à la prudence malgré une valorisation très décotée, atteignant des niveaux historiquement bas. La structure du bilan du groupe PSA nous paraît moins complexe et le potentiel de restructuration industrielle réel. Le paysage automobile va évoluer dans les mois à venir mais il est encore tôt pour revenir sur ces valeurs en Bourse, même aux cours actuels.

Propos recueillis par Julien Gautier


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