Pierre Moscovici veut convaincre l'Allemagne du sérieux français

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PIERRE MOSCOVICI VEUT CONVAINCRE BERLIN DU SÉRIEUX FRANÇAIS
PIERRE MOSCOVICI VEUT CONVAINCRE BERLIN DU SÉRIEUX FRANÇAIS

BERLIN (Reuters) - Le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, a tenté mardi à Berlin de convaincre du sérieux de la politique menée en France, après le délai de deux ans accordé à son pays par la Commission européenne pour réduire les déficits à 3% du PIB.

Lors d'une conférence de presse avec son homologue Wolfgang Schäuble et les gouverneurs des deux banques centrales, il a estimé que le défi pour l'Europe était de "créer à nouveau davantage de croissance et davantage d'emplois", notamment pour les jeunes.

"Il ne faut pas interpréter la décision de la Commission comme étant pour la France une incitation à la paresse ou au relâchement", a dit Pierre Moscovici. "Nous ne rompons pas avec le sérieux nécessaire."

"La France maintient ses objectifs en termes de réduction des déficits structurels", a-t-il poursuivi, laissant ainsi une nouvelle fois entendre que le déficit réellement mesuré -le déficit "nominal"- serait supérieur aux prévisions si la croissance économique est plus faible qu'espéré.

Le programme de stabilité transmis aux autorités européennes le mois dernier prévoit de réduire le déficit structurel, qui gomme les effets de la conjoncture, de 3,7% du PIB fin 2012 à 2,0% fin 2013, 1,0% fin 2014 et 0,2% fin 2015, puis de dégager un excédent.

Le déficit nominal devrait quant à lui passer de 4,8% fin 2012 à 3,7% fin 2013, 2,9% fin 2014 et 2,0% fin 2015, un rythme de réduction plus rapide que celui prévu par de nombreux économistes.

La Commission européenne a annoncé la semaine dernière par la voix du commissaire aux Affaires économiques et monétaires qu'elle donnerait deux ans de plus à la France -soit jusqu'à fin 2015- pour ramener ce déficit à 3% du PIB.

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a jugé que "ce qui important -c'est vrai en France, c'est vrai dans tous les pays de la zone euro- c'est que la réduction du déficit structurel soit faite suivant un plan de marche qui soit sans changement".

"J'interprète ce qu'a indiqué la Commission comme ne changeant absolument rien au besoin de réduction du déficit structurel année après année. Ensuite, l'effet nominal peut changer suivant le taux de croissance qu'on obtient", a-t-il ajouté.

Christian Noyer a par ailleurs expliqué qu'il n'est pas question d'affaiblir l'économie allemande mais de renforcer collectivement la zone euro par des réformes, une position également défendue par le président de la Bundesbank, Jens Weidmann.

Jean-Baptiste Vey à Paris, édité par Yves Clarisse

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  • LeRaleur le mardi 7 mai 2013 à 16:50

    Il va avoir du mal, même beaucoup.

  • M3435004 le mardi 7 mai 2013 à 16:40

    CREDIBILITE ZERO ! COMPETENCE ZERO !

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