Pierre Moscovici se dit "irréprochable" dans l'affaire Cahuzac

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PIERRE MOSCOVICI ESTIME AVOIR ÉTÉ IRRÉPROCHABLE DANS L'AFFAIRE CAHUZAC
PIERRE MOSCOVICI ESTIME AVOIR ÉTÉ IRRÉPROCHABLE DANS L'AFFAIRE CAHUZAC

PARIS (Reuters) - Le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici, au coeur depuis plusieurs jours de la tourmente Cahuzac, a réaffirmé mercredi devant la commission des Finances de l'Assemblée avoir géré d'une façon "irréprochable" le cas de son ex-ministre délégué au Budget.

L'opposition lui reproche soit de ne pas avoir été assez curieux sur le compte illégal que Jérôme Cahuzac a avoué avoir détenu en Suisse pendant près de 20 ans, soit d'avoir cherché à couvrir l'ex-pièce maîtresse du gouvernement.

"Je suis un ministre qui n'a rien à se reprocher", a martelé Pierre Moscovici en déroulant toute la chronologie des faits depuis les révélations de Mediapart sur le compte étranger de l'ancien ministre en décembre dernier.

Il a annoncé qu'il attaquerait désormais systématiquement en diffamation "ceux qui salissent" son honneur, comme il l'a déjà fait avec l'hebdomadaire Valeurs actuelles.

Au nom du groupe socialiste, Thierry Mandon a estimé que le ministre de l'Economie avait balayé les doutes, rappelant que le PS voterait la commission d'enquête réclamée par les centristes et acceptée par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

"La vérité ne nous fait pas peur et nous la souhaitons le plus vite possible, le plus complètement possible", a-t-il dit.

Conforté par les propos de Jérôme Cahuzac affirmant mardi, lors d'une confession télévisée à l'américaine, lui avoir menti, Pierre Moscovici a appelé à "ne pas céder à une forme de réécriture du passé."

Les présidents des commissions des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat, les UMP Gilles Carrez et Philippe Marini, ont jugé que Paris avait posé des questions trop restrictives dans la demande d'entraide fiscale adressée à la Suisse le 24 janvier, pour savoir si l'ex-ministre avait un compte à la banque UBS.

"RÉPONSE EN UNE SEMAINE"

Ils ont reconnu que Paris était obligé de limiter sa demande à la période 2009-2013 en raison de la prescription et pris acte que la Suisse avait accepté de remonter jusqu'à 2006 dans un esprit de bons offices.

En revanche, les parlementaires s'étonnent que la requête n'ait concerné que la seule banque UBS citée par Mediapart et qu'il n'y ait pas eu non plus de démarche auprès de Singapour.

Pierre Moscovici leur a répondu point par point, depuis la création le 7 décembre d'une "muraille de Chine" destinée à exclure Jérôme Cahuzac de ce qui relevait de son propre dossier jusqu'à la réponse suisse, qui semblait alors blanchir le ministre du Budget.

Il a insisté sur le fait que la réponse de l'administration helvétique avait été exceptionnellement rapide.

"La durée moyenne des autorités suisses, c'est plus d'un an. Et nous, on a la réponse en une semaine", a-t-il dit.

Pierre Moscovici a répété qu'il n'était pas possible, en vertu de la convention signée en 2009, d'interroger la Suisse "sur toutes les banques" mais a souligné que les questions étaient "le plus large possible".

Sur le fait de savoir pourquoi une démarche similaire n'avait pas été effectuée auprès de Singapour, il a expliqué que l'Etat n'avait "aucune raison" d'interroger ce pays dès lors que la Suisse avait précisé que Jérôme Cahuzac n'avait pas de compte UBS" de 2006 à 2013.

Lors de l'audition, les esprits se sont quelque peu échauffés entre députés de la majorité et de l'opposition quand Thierry Mandon s'en est pris à Valeurs actuelles, qui a avancé que Pierre Moscovici avait créé une équipe spéciale de quinze enquêteurs dès le 7 décembre.

Gilles Carrez a pointé la confiance "très sélective" de la majorité, qui a déclenché une enquête fiscale dès les révélations de Mediapart, proche de la gauche, mais écarte par principe les informations de l'hebdomadaire, classé à droite.

Gérard Bon, édité par Patrick Vignal

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