Pierre Moscovici critiqué sur les salaires des patrons

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REGRETS AU PS, SATISFACTION À L'UMP SUR LES SALAIRES DES PATRONS
REGRETS AU PS, SATISFACTION À L'UMP SUR LES SALAIRES DES PATRONS

PARIS (Reuters) - La décision de Pierre Moscovici de renoncer à légiférer pour limiter les salaires des dirigeants d'entreprise a été saluée vendredi par l'UMP, regrettée par une partie du Parti socialiste et dénoncée par Jean-Luc Mélenchon et le Front national.

Dans un entretien aux Echos, le ministre de l'Economie annonce qu'il n'y aura pas de projet de loi spécifique sur la gouvernance des entreprises, contrairement à ce qu'avait annoncé le 20 mars dernier le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

"Nous avons veillé à protéger le pouvoir d'achat des classes populaires, plafonné les rémunérations des dirigeants des entreprises publiques", avait-il dit à l'Assemblée. "Dans quelques semaines, Mesdames et Messieurs les députés, je vous proposerai un projet de loi pour que ces mesures s'appliquent aussi aux dirigeants des grandes entreprises privées."

Pierre Moscovici, qui avait été pour sa part plus prudent à l'époque, a déclaré dans Les Echos qu'il tablait sur un code de gouvernance adopté par le patronat, auquel le pouvoir socialiste envoie depuis plusieurs mois des signaux positifs.

Il a toutefois précisé vendredi lors d'un point de presse qu'il ne s'interdisait pas de légiférer à terme si les mesures promises par la présidente du Medef, Laurence Parisot, et le président de l'Association française des entreprises privées (Afep), Pierre Pringuet, restaient sans effet.

"Si nous ne sommes pas satisfaits, si nous n'arrivons pas à des mesures qui permettent effectivement de contrôler les rémunérations (?) à ce moment-là, je ne renonce pas à l'idée que nous puissions légiférer", a-t-il affirmé.

La taxe à 75% sur les salaires supérieurs à 1 million d'euros par an sera en revanche soumise au Parlement dans le cadre du budget 2014.

"Les exigences du gouvernement en matière de contrôle de la rémunération des dirigeants d'entreprise demeurent inchangées", indique Bercy dans un communiqué. Le gouvernement ne renonce pas à ses "ambitions en matière de limitation des rémunérations excessives".

La droite s'est félicitée de ce qu'elle interprète comme un revirement du gouvernement en faveur des entreprises.

"C'est bien qu'il renonce à limiter les salaires du patron et que ça se fasse dans un cadre du conseil d'administration ça me convient plutôt mieux", a estimé le chef de file des députés UMP Christian Jacob sur RTL. "Ça se fera naturellement et là où on peut éviter des réglementations, ce n'est pas plus mal."

Pour le député UMP Henri Guaino, les socialistes reconnaissent "une fois de plus qu'ils avaient menti".

"C'était de la démagogie cette promesse électorale, un mensonge de plus", a dit l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy sur Canal +, tout en jugeant certaines rémunérations excessives.

"L'AMI DES GRANDS PATRONS"

Une analyse contestée par le secrétaire national du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui nie tout recul gouvernemental, même s'il reconnaît qu'il y a eu évolution.

"Ce n'est pas une reculade, mais à l'évidence, on n'est pas au niveau que nous nous étions nous-mêmes fixé", a reconnu le député PS de Paris sur i>Télé.

"La réalité de la crise est complexe, c'est très, très difficile aujourd'hui de faire passer ce type de loi dans un moment où nous avons besoin de tous pour avancer (...) Il est évident qu'on aurait aimé que cela puisse être fait", a-t-il dit.

Pour Florian Philippot, le vice-président du Front national, François Hollande démontre que la finance est "sa véritable alliée et non son adversaire" comme il l'avait proclamé lors de sa campagne électorale.

"Devant elle, François Hollande a donc capitulé avant même d'avoir commencé le combat", ajoute-t-il dans un communiqué.

Aux yeux de Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche, Pierre Moscovici démontre ainsi qu'il est "l'ami des grands patrons".

"Ainsi les Solfériniens ont renoncé à tout sauf à exercer le pouvoir. Décidément (l'ancien chancelier social-démocrate allemand Gerhard) Schröder est leur nouveau modèle : être le meilleur ami des grands patrons".

La décision du ministre de l'Economie "est peut être le prix d'un ralliement supplémentaire à la politique patronale", a déploré l'ancien porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Olivier Besancenot sur i>Télé, qui accuse le gouvernement d'être "devenu pratiquement le porte-parole officiel du Medef".

Marine Pennetier et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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  • M608962 le vendredi 24 mai 2013 à 19:28

    une claque de plus pour h

  • dgui2 le vendredi 24 mai 2013 à 18:53

    Les Socialistes auront renoncé à tout sauf à être au pouvoir....

  • dgui2 le vendredi 24 mai 2013 à 18:51

    "les socialistes reconnaissent "une fois de plus qu'ils avaient menti"."C'était de la démagogie cette promesse électorale, un mensonge de plus"On ne saurait mieux dire....

  • M1531771 le vendredi 24 mai 2013 à 18:07

    Celle la, nous manquera pas celle la kejocol !

  • M1531771 le vendredi 24 mai 2013 à 18:06

    Belle bandes de pauvres types quand même dans ce gouvernement !

  • grokuik1 le vendredi 24 mai 2013 à 18:05

    M546 / TU AS L AIR D AIMER LES BELLES PAROLES !! QU ATTEND TU D UN FRANC MACON ?? DU SOCIAL ?? TU ES EN TRAIN DE REPARTIR DANS LES REVES !!!! TOUS DE BEAUX PARLEURS / SE PASSENT LA BALLE TOUS LES 7 ANS AVANT / MAINTENANT TOUS LES 5 ANS VIS A VIS SITUATION DEPLORABLE !! ET LES FRANCAIS CONTINUENT A Y CROIRE / IDEM RELIGIONS !!!

  • M5462830 le vendredi 24 mai 2013 à 17:44

    qu'un mot : fumiers de faux gauchos. Vivement Melanchon

  • kejocol le vendredi 24 mai 2013 à 14:49

    Mosquito veut faire une politique de gauche mais il n'a ni les moyens ni les competences. c pour tout pareil. apres 2017, il nous manquera pas celui la.

  • nino27 le vendredi 24 mai 2013 à 14:18

    HA HA ILS SE SONT PRIS UN CP D PRESSION DES GROS PATRONS DC ON LASSE TOMBER MDR DE MDR