Pierre Moscovici aux Affaires économiques de la C.E.

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Pierre Moscovici s'occupera de l'économie au sein de la nouvelle Commission européenne malgré les réticences de l'Allemagne.
Pierre Moscovici s'occupera de l'économie au sein de la nouvelle Commission européenne malgré les réticences de l'Allemagne.

La composition de la nouvelle Commission européenne a été dévoilée mercredi par Jean-Claude Juncker. Pierre Moscovici obtient l'un des portefeuilles clés de l'exécutif européen et sera désormais « commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, à la fiscalité et aux douanes ».

Un Français aux manettes de l'économie de la zone euro. C'est ce que l'on retiendra en Europe suite à la nomination de Pierre Moscovici aux affaires économiques et monétaires au sein de la Commission européenne (CE). Pour rappel, 28 commissaires composent la CE qui sera présidée par Jean-Claude Juncker à partir du 1er novembre. Chacun des 28 postes est attribué à un homme politique d'une nationalité différente au sein de l'UE.

Une nomination contraire à l'élan de la rigueur allemande

On attendait sans surprise la nomination de Pierre Moscovici au sein de cette nouvelle Commission. Toutefois, des incertitudes persistaient sur le poste qui pourrait lui être confié. L'Allemagne aurait préféré que cette fonction centrale soit occupée par une personnalité issue d'un pays irréprochable sur sa politique budgétaire nationale, ce qui n'est pas le cas de la France. Le poste était jusqu'alors occupé par le Finlandais Olli Rehn, adepte des politiques de rigueur.

Comme pour souligner les craintes de Berlin à ce sujet, cette nomination intervient alors que Bercy a annoncé en début de matinée une aggravation de son déficit publique pour 2014, qui devrait atteindre 4,4% du PIB sans perspective d'amélioration pour 2015. A contrario, la même journée, l'Allemagne a annoncé un objectif de résultat budgétaire à l'équilibre pour 2015.

Malgré sa puissance au sein de l'UE et ses performances qui font pâlir d'envie ses voisins, l'Allemagne hérite finalement d'un poste plutôt modeste avec la nomination de Gunther Öttinger à l'économie numérique. Le Britannique Jonathan Hill se voit quant à lui attribuer le poste de commissaire aux Services financiers, complémentaire à celui de l'ancien ministre français. Jean-Claude Juncker a insisté en conférence de presse sur le dynamisme de ses nouveaux collaborateurs en allant jusqu'à s'exclamer « C'est mon équipe gagnante ! ».

Pierre Moscovici, keynésien pro-européen

Précédemment, Pierre Moscovici était ministre de l'Economie et des Finances entre mai 2012 et mars 2014 dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Pro-européen convaincu depuis ses débuts en politique, il avait également occupé le poste de ministre chargé des affaires européennes entre 1997 et 2002 dans le gouvernement de Lionel Jospin. Il occupait auparavant la fonction de député européen depuis 1994.

Partisan d'une politique économique inspirée des idées de Keynes et tournée vers la croissance, Pierre Moscovici pourrait ainsi correspondre au tournant que l'UE semble vouloir prendre en matière économique. Les institutions européennes, et notamment la BCE, vont en effet depuis ces derniers mois vers des mesures plus favorables à la croissance et à l'emploi au sein d'une zone euro qui en a bien besoin.

Xavier Bargue

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  • jfrevol le mercredi 10 sept 2014 à 18:19

    Le résultat du suffrage universel ?Après faudra pas pleurer si...

  • underwor le mercredi 10 sept 2014 à 16:50

    vraiment la honte en ce momment purée c'est pas possible mosco