Pierre Gattaz plaide pour le retour de la "TVA sociale"

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PIERRE GATTAZ VEUT UNE HAUSSE DE LA TVA POUR FAIRE BAISSER LE COÛT DU TRAVAIL
PIERRE GATTAZ VEUT UNE HAUSSE DE LA TVA POUR FAIRE BAISSER LE COÛT DU TRAVAIL

PARIS (Reuters) - Le président du Medef, Pierre Gattaz, a prôné mardi sur France Info une hausse de plusieurs points de la TVA pour financer une baisse massive de charges sociales, provoquer un "électrochoc" dans l'économie française et relancer l'emploi.

Le coût du travail diminue certes grâce aux baisses de charges prévues par le pacte de responsabilité et au crédit d'impôt du CICE, mais trop doucement, a-t-il estimé.

"Nous ne sommes pas contre revenir sur l'idée d'une TVA sociale", a poursuivi Pierre Gattaz. "Aujourd'hui la TVA, c'est 20%. Pas mal de pays autour de nous ont utilisé l'augmentation de la TVA pour baisser le coût du travail."

"Si on veut un vrai électrochoc, je pense qu'il faut réutiliser deux ou trois points de TVA sociale pour faire une baisse (...) sur le coût du travail", a-t-il ajouté.

A la fin de son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait fait voter une hausse de TVA de cet ordre mais son successeur, François Hollande, avait abrogé cette mesure dès le début de son mandat, pour ne la rétablir que très partiellement, en 2014.

Pierre Gattaz a dit redouter une "tempête" économique d'ici six mois à un an en raison du ralentissement des économies de la Chine et des Etats-Unis.

"Si la Chine ralentit et si les Etats-Unis ralentissent en tant que marché, vous n'aurez plus 3,0% de croissance dans le monde mais peut-être 1,5% ou 2,0%", a-t-il dit.

"Ce qui est important pour nous, c'est de faire les réformes en France le plus vite possible avant d'attaquer cette tempête mondiale", a-t-il ajouté. "Si on ne le fait pas, on risque d'entrer dans une tempête dans six mois, dans un an, avec un taux de chômage à 10,5% (...) On peut en sortir avec 13 ou 14%."

Il a ainsi plaidé une nouvelle fois pour une réforme du marché du travail, afin de conjurer la "peur d'embaucher" des chefs d'entreprises, notamment des petits patrons.

"Il y a une opportunité historique avec la loi El Khomri (...) pour déverrouiller ce marché du travail", a-t-il estimé en faisant allusion au projet de loi que la ministre du Travail, Myriam El Khomri, doit présenter début mars.

Il a aussi exhorté les candidats à l'élection présidentielle de 2017 à préparer un "vrai programme économique" et précisé que le Medef les recevrait tous.

"On ne peut pas louper 2017. Donc il faut absolument que ceux qui vont se présenter aient un programme économique et social qui tienne la route", a-t-il insisté.

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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  • paspil le mardi 9 fév 2016 à 14:34

    Sarko a mis du temps à comprendre ... 5 ans c est court , il fera mieux la prochaine fois ....

  • lorant21 le mardi 9 fév 2016 à 14:18

    Le système social doit évidement être financé plus par la consommation (ceux qui consomment) et non par la production (ceux qui produisent). Sinon, plus de consommation à terme. mais c'est trop difficile à comprendre pour un député PS.

  • M8252219 le mardi 9 fév 2016 à 14:11

    Ça devrait être le cheval de bataille des entrepreneurs et des salariés du privé.TOUS LES FRANÇAIS ET D'AUTRES bénéficient du système social à la française, certains même en profitent, tous doivent participer à son financement pas seulement les salariés et les entreprises. Les résultats seraient salaires nets en hausses et les entreprises plus compétitives à l'export.