Pierre Gattaz demande la suppression de l'ISF et de la taxe à 75 %

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Au lendemain des annonces de Jean-Marc Ayrault sur les retraites, Pierre Gattaz a prononcé son premier discours en tant que président du Medef, mercredi, sur le campus d'HEC à Jouy-en-Josas.

C'est un cru particulier des universités d'été du Medef qui s'est ouvert mercredi, sur le campus d'HEC à Jouy-en-Josas. Moins de 24 heures après les annonces du gouvernement sur les retraites, Pierre Gattaz a prononcé son premier discours en tant que président de l'organisation. L'occasion de rappeler après son interview dans Le Figaro que le plan de l'exécutif est «une non-réforme». Et de rappeler que «tout le monde sait que l'on va devoir revenir sur cette réforme dans quelques mois, dans deux ans».

Si le patron des patrons n'a pas tiré à boulets rouges sur le gouvernement, expliquant que cela faisait trente ans que la France avait fait le choix de la fiscalité, il lui a néanmoins envoyé un message ferme et clair. «Supprimons l'ISF, supprimons la taxe à 75 % sur les hauts revenus qui font tant de dégât pour l'attractivité du pays», a-t-il insisté, sous les applaudissements de la salle. Une salve nourrie réitérée lorsque Pierre Gattaz a demandé «de régler définitivement le sort de nos 35 heures».

Le président du Medef a également enjoint le gouvernement à lancer en «urgence» trois chantiers: la baisse de 50 milliards de la fiscalité des entreprises ; la diminution du coût du travail de 50 milliards par un transfert de charges sociales vers des mécanismes de type CSG et TVA ; et la simplification de l'environnement réglementaire et législatif. Une conclusion qui a déclenché une standing ovation.

Des patrons désabusés

Après «le choc» des annonces sur les retraites, Pierre Gattaz va reprendre son bâton de pèlerin pour obtenir la vraie baisse du coût du travail, promise lundi par Jean-Marc Ayrault. Et non une simple compensation à la hausse des cotisations retraite. «Nous demandons une diminution nette des charges de 10 milliards en 2014», a-t-il chiffré devant la presse.

Ce combat rejoint directement les préoccupations des chefs d'entreprise. «Le ras-le-bol fiscal, oui, je le ressens! Je souhaite continuer d'embaucher, mais comment faire avec toutes ces charges?, témoigne un patron d'une PME bretonne de 13 salariés spécialisée dans la formation. Le pire, c'est l'instabilité fiscale. La fin des dispositifs d'allégement pour les heures supplémentaires nous a totalement déstabilisés». Les chefs d'entreprise ne sont pas tant en colère que désabusés. Ils n'attendent plus rien du gouvernement. Et ne croient plus au discours pro-PME de certains ministres. «Avec cette majorité, un coup c'est blanc, un coup c'est noir. Ils nous vantent l'apprentissage puis en rognent les avantages. Il n'y a pas de ligne claire», regrette le dirigeant d'une PME dans le BTP.

L'opposition n'inspire pas davantage confiance. «Aucun gouvernement n'a mené une réforme courageuse depuis trente ans», condamne le responsable d'une société de conseil dans la défense. Le sentiment que les hommes politiques ne connaissent rien à l'entreprise est généralisé.

Bref, Pierre Gattaz aura fort à faire pour redonner le moral aux patrons, lui qui «ne veut pas être l'observateur passif de son pays qui tombe».

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  • lorant21 le jeudi 29 aout 2013 à 09:09

    Il défend les entreprises (nécessaire) ou les patrons du CAC40 (pas la peine..)?

  • fortunos le jeudi 29 aout 2013 à 08:14

    Si Gattaz conseille la supression de l'ISF et la tranche de 75 %,il ne dit pas par quoi il compense;suppression du rsa,des alloc,de la secu,de la police,et imposition des bas salaires a partir de 6OO euros mensuels comme en Belgique!!!