Pièces auto : la charge du gendarme de la concurrence

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L'Autorité de la concurrence estime que le monopole des constructeurs sur les pièces visibles gonfle les prix.

L'annonce a, comme prévu, provoqué une levée de boucliers chez les constructeurs et leurs concessionnaires, déjà confrontés en France à l'effondrement des ventes de voitures et à des problèmes de rentabilité. Elle pourrait en revanche soulager les consommateurs. Dans un avis rendu lundi, l'Autorité de la concurrence souhaite en effet une ouverture progressive (sur quatre à cinq ans) du marché des pièces de rechange visibles (ailes, capots, pare-chocs, pare-brise, feux, rétroviseurs). Le principe de l'ouverture pouvant être fixé par la loi. En France, seuls les grands constructeurs, comme PSA ou Renault, peuvent fournir des pièces visibles aux réparateurs, car elles sont protégées par des droits sur le design. L'autorité estime que «les constructeurs détiennent de ce fait un véritable monopole» sur «plus de 70 % des ventes de pièces» visibles, et sont «en duopole» avec des équipementiers «sur les 30 % restants».

Résultat, alors que les dépenses par véhicule sont en baisse constante, en raison d'une meilleure fiabilité des voitures, les prix de l'entretien-réparation ont augmenté de 28 % (corrigé de l'inflation) entre 2000 et 2011 selon l'Insee. «Nous souhaitons que les réseaux indépendants puissent concurrencer plus efficacement les réseaux agréés», ce qui pourrait se traduire par une baisse des prix «de l'ordre de 6 à 15 % des pièces visibles», correspondant aux excès actuels, souligne Bruno Lasserre, le président de l'autorité, qui ajoute «que tous les pays voisins ont fait ce choix». Une ouverture progressive permettrait selon lui au secteur de «revoir son modèle économique», qui consiste à «rattraper sur la réparation les pertes réalisées sur les ventes de voitures neuves».

Les pièces de rechange font l'objet d'une consultation publique depuis avril. Les constructeurs avaient déposé un recours devant le Conseil d'État contre l'avis provisoire émis à l'époque.

Riposte des constructeurs

Il faut dire que les pièces détachées visibles représentent 13 à 20 % du chiffre d'affaires des pièces de rechange (entre 1,8 et 2,6 milliards d'euros par an), selon l'autorité. Plus globalement, les constructeurs et leur réseau détiennent ­entre 45 et 55 % du marché de l'entretien-réparation, selon le rapport. Ils veulent d'autant plus défendre leurs positions que, traditionnellement, l'essentiel des marges de leur réseau est dégagé par l'après-vente.

Le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA) a dénoncé «l'incohérence et les ­erreurs d'analyse» du rapport. Il estime que la libéralisation des ­pièces de rechange «porterait ­gravement préjudice» à l'activité de la filière et détruirait plus de 2200 emplois.

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  • M5627859 le mardi 9 oct 2012 à 10:22

    bien sur qu'il faut de la concurrence mais pas comme les carburants ou tous protiquent le même prix.Ils sont toujours entrein de se plaindre alors qu'ils empoche des million de bénéfices sur les pièces détachées.ras le bol de tous ces gros à qui il faut tout donner.