Pièces à charge critiquées dans l'affaire des paris de handball

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LA PUBLICATION DE PIÈCES À CHARGE CRITIQUÉE DANS L'AFFAIRE DES PARIS DE HANDBALL
LA PUBLICATION DE PIÈCES À CHARGE CRITIQUÉE DANS L'AFFAIRE DES PARIS DE HANDBALL

PARIS (Reuters) - La publication vendredi de procès-verbaux accréditant pour les enquêteurs le scénario d'une opération de paris frauduleux menée par des vedettes du handball français et leurs compagnes a été critiquée par la défense qui y voit la preuve d'un coup monté.

Le journal Libération publie les déclarations à la police de Jennifer Priez, compagne du joueur Luka Karabatic, et l'extrait d'une conversation téléphonique, enregistrée par la police, où elle dit à sa mère avoir voulu, par ces paris, "niquer le système". Elle assure aussi ne pas avoir de remords car la victime, dit-elle, n'était que la Française des jeux.

"Convenez-vous qu'il s'agit d'aveux à demi-mots?", lui demandent les policiers à la lecture de ces mots. "Ça avait pris une telle ampleur que j'ai dit qu'il n'y avait pas mort d'homme", répond-t-elle.

Son avocat Antoine Camus a déclaré à Reuters qu'il voyait dans la divulgation de ces déclarations la preuve d'une malveillance. "Ce dossier ressemble de plus en plus à une affaire montée de toutes pièces", a-t-il dit, disant soupçonner l'existence "d'une taupe voulant souffler sur les braises".

Treize personnes, des joueurs du club de Montpellier -dont la star de l'équipe de France Nikola Karabatic- et certains de leurs proches ont été mis en examen début octobre pour escroquerie ou complicité, en raison de paris d'un montant total d'environ 90.000 euros sur un match perdu en mai par le club face à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine).

La justice envisage un trucage du match suivi d'une opération concertée de paris. Selon les procès-verbaux publiés par Libération, Jennifer Priez a admis avoir reçu 4.500 euros en espèces de son compagnon pour parier sur le match qui, dit-elle, "était selon lui perdu d'avance".

Luka Karabatic a parié lui-même 3.900 euros. Jennifer Priez explique aux policiers: "le bureau de tabac dans lequel il a joué est tenu par des Asiatiques qui ne parlent pas bien le français, donc il pensait avoir moins de risques".

Géraldine Pillet, compagne de Nikola Karabatic, a assuré avoir parié de son propre chef, mais les policiers ont remarqué qu'elle avait misé 1.500 euros trois jours après que son compagnon eut retiré une somme du même montant de son compte en banque, dit Libération.

L'examen des factures téléphoniques de la jeune femme montre de très nombreux appels avec les autres joueurs impliqués au moment des faits, ce qui fait dire aux policiers qu'elle semble avoir été la "tour de contrôle du dispositif".

La police a aussi établi par la géolocalisation des téléphones portables des joueurs qu'ils se trouvaient tous au moment des faits sur les lieux des paris faits par leurs proches ou sur ceux de la récolte des gains. Une importante facture de restaurant réglée par Nikola Karabatic le 25 avril laisse par ailleurs penser à une réunion préparatoire.

Un des joueurs impliqués, Dragan Gajic, déclare dans une conversation téléphonique enregistrée, pour se justifier: "Nous étions payés comme des footballeurs moyens".

Me Antoine Camus a expliqué à Reuters qu'il considérait le délit d'escroquerie non constitué puisque le trucage du match n'est pas prouvé, qu'il est contesté par tous et qu'il n'y a pas eu de manoeuvre frauduleuse. Selon lui, il n'est pas envisageable que des joueurs parieurs n'ayant pas joué le match aient pu organiser que leurs remplaçants se laissent battre.

Ce même argument est développé par la défense des autres suspects, qui ont obtenu le 24 octobre en appel, contre l'avis du parquet la levée des contrôles judiciaires. Le club a réintégré des joueurs, notamment Nikola Karabatic. Son frère Luka est convoqué la semaine prochaine pour un entretien en vue d'une éventuelle sanction disciplinaire.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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