Pictet croit à un éclatement de la zone euro d'ici deux ans

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Pictet croit à un éclatement de la zone euro d'ici deux ans
Pictet croit à un éclatement de la zone euro d'ici deux ans

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - La zone euro risque l'éclatement d'ici deux ans, même si le sauvetage attendu de la Grèce et des banques espagnoles d'ici quelques semaines pourrait à court terme se traduire par un rebond de 15 à 20% des marchés financiers, estime Pictet & Cie.

Selon la banque privée suisse, les pays de la zone euro souffrent de nombreux maux, qui peuvent se révéler fatals s'ils ne sont pas traités à la racine: un problème récurrent de compétitivité - sauf en Allemagne - une divergence croissante entre croissance économique nominale et dette publique et par dessus tout l'inachèvement de la construction européenne puisque l'Union ne dispose ni d'un gouvernement, ni d'une politique fiscale et budgétaire unique.

"Si la zone euro n'adresse pas ces trois problèmes en allant jusqu'au bout du processus alors il y a un véritable danger d'éclatement de la zone euro", a déclaré, lors d'une conférence de presse, Christophe Donay, responsable de l'allocation d'actifs et de la recherche économique de Pictet & Cie.

Il a également dénoncé les effets déflationnistes et récessionnistes des mesures d'austérité, les divergences entre l'Allemagne et la France, ou encore l'absence de réponse aux problèmes structurels de la région.

"On agit techniquement plutôt que fondamentalement sur les problèmes. Mais les problèmes de fond étant là, la vague revient sans cesse et tant que l'on n'adressera pas les problèmes de fond, la vague reviendra sans cesse jusqu'au moment où cela peut devenir un tsunami", a-t-il prévenu.

S'agissant du système bancaire espagnol et de la Grèce, la banque privée estime que la zone euro dispose des moyens techniques et financiers de les sauver à travers notamment le Fonds européen de stabilité financière (FESF), le Mécanisme européen de stabilité (MES) ou la Banque centrale européenne, tout n'étant en la matière qu'une question de décision politique.

DES MARCHÉS CORRÉLÉS À LA CRISE EUROPÉENNE

L'écart entre le rendement de l'emprunt d'Etat espagnol à 10 ans et celui de son homologue allemand est resté au-dessus du seuil de 500 points de base (pdb) entre le 28 mai et le 5 juin, avant de revenir à 480 pdb depuis, à la faveur des espoirs du marché de voir les banques centrales soutenir l'économie.

Or les autorités européennes sont intervenues rapidement dès que le spread d'un Etat membre de la zone euro dépassait les 500 pdb (16 jours pour la Grèce, 24 jours pour l'Irlande et 34 jours pour le Portugal), rappelle Pictet & Cie.

Ainsi, l'évolution des marchés dépend actuellement non plus des fondamentaux mais à 80% de la crise systémique européenne, a expliqué Christophe Donay, ce qui est source d'instabilité.

Entre le 19 mars et le 4 juin, période marquée par la résurgence des craintes sur l'avenir de la zone euro, l'indice de volatilité Euro Stoxx a pratiquement doublé pendant que l'Euro Stoxx 50, qui regroupe les principales valeurs de la région, a baissé de 20%.

Dans un tel contexte, la banque privée a mis en place dans ses portefeuilles une allocation stratégique (65%) destinée à protéger ses investissements: 22,5% d'obligations d'entreprises en catégorie investissement, 21% d'actions de haute qualité (entreprises avec un bilan sain et des cash flows résistants), et 15% dans des fonds de hedge funds.

Cette allocation est complétée par une gestion tactique (35%) devant permettre à Pictet, qui est sortie des marchés émergents, de saisir le rebond du marché de 15 à 20% que la banque attend à court terme: 5% d'actions allemandes, 5% d'actions mondiales et 25% de cash pour saisir des opportunités.

Edité par Jean-Michel Bélot

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  • titide le jeudi 7 juin 2012 à 16:37

    encore des propos pour magouiller.Comment des "journalistes" qui se prétendent sérieux peuvent les reproduire.

  • dugan le jeudi 7 juin 2012 à 16:36

    2 ans ... Certainement AVANT ! Faut tenir compte de la grèce, de l'espagne, du portugal, de l'Italie ... le pire étant la grèce pour qui vous n'avez pas encore fini de payer ... Attendez voir le résultat des élections qui va proner la sortie de l'euro... et hop, tout dans leur fouille les 200 Milliards deviendront définitivement des dons ...