PIB et marché du travail américains marquent le pas

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PIB et marché du travail américains marquent le pas
PIB et marché du travail américains marquent le pas

par Lucia Mutikani

NEW YORK (Reuters) - Le produit intérieur brut (PIB) et le marché du travail donnent des signes de ralentissement plus importants que prévu aux Etats-Unis, ont montré jeudi une série de statistiques qui ont incité les investisseurs à la retenue et poussé les marchés à la baisse.

La croissance de l'économie américaine a décéléré au premier trimestre, les entreprises réduisant le rythme de reconstitution des stocks tandis que la dépense publique a reculé plus qu'estimé initialement.

Le PIB a progressé de 1,9% en rythme annualisé sur la période janvier-mars, après +3,0% sur octobre-décembre et 2,2% en première estimation, selon les chiffres du département du Commerce.

Le rythme des créations d'emplois dans le secteur privé le mois dernier s'est également révélé inférieur aux attentes, tandis que les inscriptions au chômage ont augmenté, faisant craindre un coup d'arrêt pour le marché du travail après un début d'année en fanfare.

"Cela montre que l'économie traverse une mauvaise passe", a commenté Wayne Kaufman, analyste à John Thomas Financial, à New York.

Après avoir ouvert sur une note stable, les places boursières américaines se sont d'ailleurs rapidement inscrites à la baisse, en particulier le composite du Nasdaq qui cédait 1,01% une heure après l'ouverture. Le Dow Jones abandonnait au même moment 0,47% et le Standard & Poor's 0,74%.

Le rendement de l'obligation souveraine américaine à dix ans est de son côté tombé à 1,57%, son plus bas niveau depuis au moins 60 ans.

FLAMBÉE DES LICENCIEMENTS

Les analystes avaient anticipé le ralentissement du marché du travail, considéré comme un contrecoup des forts gains enregistrés entre décembre et février, l'économie ayant bénéficié d'un hiver inhabituellement doux. Mais ce coup de frein ne traduit pas moins des signes de faiblesse plus profonds.

Le secteur privé n'a ainsi créé que 133.000 emplois en mai, selon les résultats de l'enquête mensuelle ADP, alors que le marché attendait 148.000 postes supplémentaires.

La publication de cette statistique précède celle, vendredi, du très surveillé rapport sur l'emploi du mois de mai, dont il devrait, selon les analystes, ressortir une hausse des créations d'emplois non agricoles à 150.000, contre un médiocre 115.000 en avril.

Les inscriptions au chômage ont, elles, augmenté pour la septième fois en huit semaines lors de la semaine au 26 mai, avec 10.000 inscriptions de plus à 383.000 (ajusté), a annoncé le département du Travail. Les économistes attendaient en moyenne 370.000 inscriptions au chômage.

Et la tendance risque de ne pas s'inverser, le nombre de licenciements programmés par les entreprises américaines ayant touché un plus haut de huit mois en mai, sous l'impulsion du géant informatique Hewlett-Packard, qui a prévu de se séparer de 8% de ses employés, soit 27.000 postes.

Les employeurs ont annoncé 61.887 suppressions de postes ce mois-ci, une hausse spectaculaire de 52,6% par rapport aux 40.559 d'avril, selon le consultant Challenger, Gray & Christmas Inc.

"Les chiffres de l'emploi deviennent vraiment décevants (...) et semblent vraiment indiquer que l'élan du marché du travail est pour le moment interrompu", constate Sean Incremona, économiste à 4cast, à New York.

Nicolas Delame et Tangi Salaün pour le service français

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