Philippe Saint-André : " Je n'allais pas leur taper la bise ! "

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Philippe Saint-André : " Je n'allais pas leur taper la bise ! "
Philippe Saint-André : " Je n'allais pas leur taper la bise ! "

Au lendemain de la victoire poussive des Bleus face à la Roumanie (38-11), Philippe Saint-André s'est présenté en conférence de presse pour faire le point sur ce match et parler de leurs prochaines échéances.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL EN ANGLETERRE

Philippe Saint-André, sur le plan collectif, l’équipe a eu un peu de mal par rapport au match face à l’Italie. Comment vous expliquez-vous ça ?
L’équipe qui a joué contre l’Italie avait plus d’automatismes. C’était un petit peu l’ossature de l’Angleterre et de l’Ecosse. Et puis on avait eu du temps pour préparer l’Italie, après quand tu fais treize changements sur une petite semaine comme ça, il y a des automatismes qui n’étaient pas là. Après, l’objectif est atteint. La victoire, les cinq points, cinq essais. Même si je crois que je n’ai pas besoin de vous le dire, le contenu de la première demi-heure n’était pas satisfaisant.

Est-ce que vous attendiez mieux de la part de votre équipe face à la Roumanie ?
J’attendais mieux… J’avais énormément étudié le match contre les Tongiens, qui était leur dernier match. Et les Tongiens avaient été en grande difficulté dans les duels, alors que c’est quand même leur point fort. Il y a une affiliation énorme entre le rugby roumain et le rugby français. Les préparateurs physiques sont français, l’ostéopathe est français, l’entraîneur des avants est roumain mais il vit encore en France. Il y a pas mal de joueurs roumains qui jouent en France donc pour eux le match était important. Et ils ont été fidèles à leur jeu. Forts en conquête, pénibles dans les rucks, ils ont bien contesté. Ils n’ont pas voulu qu’on mette énormément de rythme.

« Changer treize joueurs était un choix judicieux »

L’image qu’on retient de ce match, c’est votre colère à la mi-temps. C’était une colère à froid ou violente ?
Sincèrement, je n’allais pas leur taper la bise et leur dire qu’ils avaient fait une première mi-temps exceptionnelle. Pendant une demi-heure ça a été le néant. C’est un sport d’hommes où il faut se dire la vérité. Elle a été dite. Les joueurs ont su réagir, et on a eu beaucoup plus de réactivité en deuxième mi-temps, on a tenu le ballon. On marque trois essais, on peut en marquer trois autres. On a commençait à faire des choses simples. Comme gagner un duel, avoir deux mecs qui collent au ballon, nettoyer, conserver le ballon plus que deux ou trois temps de jeu. Les Roumains étaient très lourds, très massifs. Nous, on a une équipe de coureurs, donc il fallait les faire courir.

Est-ce qu’il y a des comportements individuels qui vous ont déçu ou mis en colère ?
Il y en a qui ont dit que le rugby ce n’était que de l’évitement, des feintes de passe et du lyrisme. Mais c’est vrai, et j’aime ça. J’aime les cadrages débordements. Mais il faut aussi faire des cadrages déblayements. Et hier pendant une demi-heure, on a eu des difficultés à avancer. Je crois qu’on perd 23 ballons durant la partie, donc quand tu perds 23 ballons, c’est compliqué de mettre de la vitesse, de mettre du rythme. On voulait mettre du désordre. L’essai de Yannick Nyanga arrive sur une action comme ça. Une contre-attaque et un très bel essai mais pendant une demi-heure, ils nous ont mis en difficulté au début en mêlée, ils nous ont volé un ou deux ballons en touche. Même si après on a su rectifier le tir...

« Travailler les rucks et la présentation du ballon »

Est-ce qu’on doit comprendre que certains n’ont pas forcément marqué des points ?
Le groupe a gagné énormément de points. Parce que  pour la dynamique de groupe, tout le monde est rentré dans la compétition, tout le monde a du temps de jeu. Il fait soleil aujourd’hui à Croydon, on a neuf points, donc il y a énormément de choses positives. On est un peu dans nos objectifs, dans notre lignée de ce qu’on voulait faire sur le début de la compétition. Après on peut voir toute la difficulté des équipes qui doivent enchainer deux matchs en quatre jours. Et je crois que le choix de changer treize joueurs était un choix judicieux.

L’objectif c’est de bâtir une équipe mixte entre celle qui a battu l’Italie et celle qui a battu la Roumanie pour affronter le Canada ?
L’objectif c’est de recharger les batteries pendant 48 heures et après de se remettre au boulot. On va travailler les rucks, ça c’est sûr. Je peux vous assurer qu’on va travailler les rucks et la présentation du ballon. Et on va aussi retravailler énormément physiquement, samedi, dimanche et lundi. Donc on va avoir trois jours de gros, gros travail. Et j'attends un investissement énorme de la part des 31 joueurs et après je vous annoncerai tout naturellement l’équipe du Canada.

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