Philippe Saint-André dresse un inventaire du rugby français

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Cinq mois après la fin de son mandat à la tête du XV de France, Philippe Saint-André a présenté un livre titré « Droit d’inventaire » dans lequel il revient sur son expérience comme sélectionneur, ses échecs et les problèmes auxquels il a fait face.

Philippe Saint-André a décidé de vider son sac, pas complètement mais l’ancien sélectionneur du XV de France a voulu dire sa vérité, lui qui a quitté les Bleus sur un échec cuisant en Coupe du monde face à la Nouvelle-Zélande. Pour l’ancien sélectionneur, le rugby français doit faire face à ses problèmes. « On a un problème de calendrier, un problème de structure. Trois ans après leurs débuts en Bleu, Wesley Fofana et Yoann Maestri ont fait 120 matchs et, donc, le système les avait complètement broyés, a déclaré l’ancien sélectionneur sur la chaîne Sport365. Le vrai problème, c’est qu’on a des gens qui font le calendrier, et qui font notre rugby, qui ne comprennent pas les nécessités du rugby de très, très haut niveau parce que, là, on ne gère pas de l’économie, on gère de la haute performance. Nous, on a vraiment des grands joueurs mais, actuellement un fonctionnement qui est très difficile pour eux. »Ce système dont parle Philippe Saint-André, l’ancien sélectionneur a essayé de le faire évoluer en vain au début de son mandat. Mais il a fait face à l’opposition des clubs et de la LNR, un bras de fer qui n’a pas tourné en sa faveur. « Avec mes adjoints, on fait le tour de France mais il y a de clubs où on ne nous ouvre même pas la porte. A un moment donné, au bout de deux ans, il y avait à revoir le statut de l’équipe nationale avec la Ligue et la Fédération, assure PSA. J’avais proposé beaucoup de choses mais l’aspect financier et la puissance des clubs et de la LNR ont posé problème. Le bras de fer, ils l’ont perdu. On a mis en place un petit truc bancal, un compromis à deux balles mais un compromis à la française. »S’il espère que son successeur Guy Novès aura de meilleurs résultats que les siens à l’avenir, il considère que si rien ne change, la finalité sera la même, avec un parallèle intéressant avec le début de mandat de l’ancien entraîneur de Toulouse. « J’espère que Guy Novès va faire beaucoup mieux. Mais si on ne change pas le système, tu es bien en novembre, résume l’ancien sélectionneur. En 2012, on est quatrièmes au classement mondial, on gagne les trois tests de novembre, on bat deux fois l’Australie, on bat presque la Nouvelle-Zélande. Tu es bien en novembre, tu es assez bien dans les deux premiers matchs du Tournoi des VI Nations et après tu fermes le ban. » Mais il ne s’exonère pas de responsabilités dans un mandat raté, aux échecs criants. « Je n’ai pas été bon, j’ai fait énormément d’erreurs, j’assume complètement. Je savais que c’était compliqué. J’ai des regrets surtout que quatre saisons de sélectionneur, c’est une saison de Top 14 donc ça va très, très vite. Sincèrement, j’ai fait une erreur en ayant fait faire le Tournoi des VI Nations de trop à la génération 2011. Au lieu de ne lancer que Fofana et Maestri, j’aurai dû lancer une dizaine de joueurs pour arriver en Coupe du monde avec des joueurs qui ont beaucoup plus d’expérience. » Des leçons qui pourraient servir, si elles étaient entendues.
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