Philippe réaffirme sa confiance à Ferrand, loi Bayrou le 14 juin

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    PARIS, 30 mai (Reuters) - Edouard Philippe a réaffirmé mardi 
sa confiance au ministre de la Cohésion des territoires Richard 
Ferrand tout en disant comprendre "l'exaspération" et 
"l'agacement" des Français face à des pratiques légales mais qui 
ne sont plus tolérées. 
    Invité de France 2, le Premier ministre a confirmé que le 
projet de loi sur la moralisation de la vie publique, qui 
interdira notamment la pratique des emplois familiaux, serait 
présenté en conseil des ministres le 14 juin.  
    "Oui", Richard Ferrand peut rester au gouvernement, a 
réaffirmé Edouard Philippe. 
    "Et je dis oui après avoir parfaitement compris et avoir 
parfaitement conscience de l'exaspération des Français, de leur 
émotion, de leur agacement devant les mises en cause successives 
qui leur donnent l'impression que les élus qu'il désignent par 
l'élection ne seraient pas aussi droits que ce qu'il peuvent 
attendre et espérer". 
    Le Canard enchaîné a révélé la semaine dernière que les 
Mutuelles de Bretagne avaient loué à partir de 2011, à une 
époque où elles étaient dirigées par Richard Ferrand, des locaux 
à une société appartenant à sa compagne. 
    Cette opération n'a a priori rien d'illégal et ne fait 
l'objet d'aucune enquête de justice. Mais elle a fait naître un 
soupçon de favoritisme dans un contexte rendu brûlant par la 
déflagration de l'affaire François Fillon durant la campagne 
présidentielle. De nouveaux éléments publiés mardi par Le Monde 
ont un peu plus fragilisé le ministre, qui a dénoncé des 
"amalgames".   
    "Je me suis fixé des règles très claires comme chef de 
gouvernement", a souligné Edouard Philippe. "Un ministre qui 
serait mis en examen devrait démissionner, il n'y a aucune 
ambiguïté là dessus" et les ministres se doivent d'être 
"exemplaires dans leur attitude de ministre et exemplaires y 
compris dans leur vie privée lorsqu'ils s'expriment". 
    "Cette exemplarité sera respectée strictement", a-t-il 
assuré. 
    "Nous allons prendre des règles claires pour éviter cet 
espace qui est fait de choses qui ne sont pas illégales mais qui 
ne sont plus acceptables", a-t-il dit. 
    Le projet de loi qui devait initialement être présenté en 
conseil des ministres le 7 juin le sera finalement le 14 juin, 
le temps de s'assurer que le texte est "parfaitement conforme".  
    "Nous avons tous le sentiment de l'urgence", a-t-il dit. 
Mais "il se trouve que nous allons insérer dans ce projet de loi 
des dispositions assez innovantes et que c'est donc compliqué à 
l'écrire et que donc, comme on veut que le texte soit 
parfaitement conforme, il sera présenté le 14 juin en conseil 
des ministres après son examen par le Conseil d'Etat". 
    Selon une source gouvernementale, le projet de loi a déjà 
été transmis au Conseil d'Etat. 
 
 (Marine Pennetier, avec Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet) 
 
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