|
Quelle est la philosophie du fonds Sélection Action Rendement International dont vous assurez la gestion ?
Philippe Joly : C’est un fonds actions spécialisé dans les valeurs de rendement mondiales. Nous n’avons pas d’indices de référence mais cherchons simplement des sociétés offrant des qualités suffisantes pour être en mesure de distribuer du dividende année après année. De fait, nous privilégions les grandes capitalisations, les entreprises qui génèrent du cash flow et disposent d’un track record suffisant. Notre champ d’investigation est large, ce qui nous permet de sélectionner les meilleurs titres (environ 35) à travers la planète boursière. Ce sont des valeurs toujours liquides car nous sommes investis à 100%.
Un style de gestion plutôt ‘value’ que ‘growth’ ?
P.J : C’est un faux débat. Rechercher « des valeurs pas trop chères » ne signifie pas que l’on ne regarde pas les valeurs de croissance ! Quand on est un investisseur actions, on recherche forcément des entreprises réalisant de la croissance. A la base d’un investissement en actions, il y a toujours un pari sur l’avenir d’une société. Si l’on veut limiter les risques au maximum, il est préférable alors de se tourner vers les obligations.
Comment s’expliquent vos performances (+11,8% sur un an fin juin) dans une conjoncture boursière si difficile ?
P.J : Ce fonds va fêter son deuxième anniversaire en septembre. Autant dire que l’environnement général est compliqué depuis sa création ! Mais nous sommes des stockpickers peu influencés par le contexte macroéconomique. Nous évitons seulement de sélectionner les sociétés trop dépendantes des cycles. Les valeurs de rendement ne sont pas généralement les plus cycliques de la cote ! Pour autant, le fonds ne présente pas un profil ultra-défensif.
Quels sont vos principaux paris ?
P.J : Notre première pondération est Apple. La firme de Cupertino se paie entre 12 et 14 fois ses bénéfices et garde une très belle visibilité sur ses résultats à venir. Elle n’est donc pas encore si chère comme certains le prétendent malgré l’attrait qu’elle suscite inévitablement. Et elle va enfin distribuer du dividende, ce qui en fait une cible de choix. Nous avons aussi du Essilor. La valeur n’est pas bon marché mais ses performances justifient ce statut. De toute façon, notre horizon d’investissement n’est pas court-termiste. Nous avons aussi une prédilection pour les valeurs de tabac : Philip Morris International (l’activité hors Etats-Unis du fabricant américain) et Swedish Match, une société suédoise qui commercialise du tabac à chiquer. Les Suédois en raffolent et les ventes se développent aux Etats-Unis... Je citerais enfin Natura, une valeur brésilienne spécialisée dans l’industrie des cosmétiques à base de produits naturels. Un créneau porteur.
Où faut-il investir de préférence ? Quelles zones géographiques ? Quels secteurs ?
P.J : Je me méfie de l’Europe, je suis un peu plus positif sur les Etats-Unis et un peu plus frileux sur les pays émergents qui subissent actuellement une phase de ralentissement. Au niveau sectoriel, je continue de privilégier les valeurs de consommation au détriment des valeurs industrielles davantage impactées par la dégradation de la conjoncture. Propos recueillis par Julien Gautier
|