Philippe Gudin de Vallerin (Barclays) : « Des réformes structurelles sont indispensables pour "recoller" à l'Allemagne »

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Pour regagner en compétitivité et « recoller » à l’Allemagne, des mesures structurelles fortes sont indispensables. Le rapport Gallois ne doit surtout pas être enterré explique Philippe Gudin de Vallerin, chef économiste Europe chez Barclays.

François Hollande a-t-il eu raison de déclarer que le pire de la crise de l’euro est passé ?

Philippe Gudin de Vallerin : Au cours de l’été dernier, mon inquiétude était très grande. Les dirigeants allemands semblaient résignés à abandonner la Grèce à son sort, estimant que le coût de sortie de l’euro resterait gérable. Or, ce n’est pas mon opinion. Dans les conditions actuelles, l’impact économique et financier aurait été catastrophique et une sortie de la Grèce créait un précédent. A la fin de l’été, nous avons assisté à un revirement de situation et le risque extrême a été éliminé. Pour autant, la crise n’est pas résolue. Elle passe par la réduction des dettes publiques et privées. Cela oblige les gouvernements à mettre en place des réformes structurelles et institutionnelles difficiles...

L’objectif des 3% est-il important à tenir ?

P.G-d-V : Le débat sur les 3% a quelque chose de surréaliste. Ce n’est pas un chiffre magique mais il correspond à la procédure de déficit excessif. Il ne faut pas vouloir tenir cet objectif à tout prix mais retrouver des perspectives de consolidation budgétaire à moyen terme. Il faut éviter de réduire les dépenses d’investissement et trouver les mesures dont l’impact sur la croissance restera le plus limité. L’Espagne et l’Italie n’avaient pas d’autre choix mais pour le moment, la France tarde à engager les réformes structurelles qui s’imposent et à proposer un calendrier pour les prochaines années.

Justement, que doit-on faire ? S’inspirer du rapport Gallois ?

P.G-d-V : Oui. Le diagnostic est largement connu, nous avons perdu au cours des dernières années en compétitivité (coût et hors coût). Pour retrouver des marges de manoeuvre, la France doit mettre en place dès maintenant une série de réformes afin d’accroître son potentiel de croissance à moyen terme. D’où l’importance du rapport Gallois qu’il faudrait éviter d’enterrer trop vite... Pour cela une large partie des cotisations sociales doit être transférée progressivement vers d’autres types de recettes et les dépenses publiques doivent reculer. Une réforme du marché du travail est également indispensable pour faire baisser le taux de chômage. Il faut à la fois donner plus de souplesse aux entreprises dans la gestion de leurs effectifs tout en sécurisant davantage les parcours professionnels. Dans une économie mondialisée, la formation est l’élément clé pour permettre aux salariés de se reconvertir vers les secteurs d’avenir. Enfin, il faut supprimer les rentes qui freinent les créations d’emplois dans certains secteurs protégés. La France doit « recoller » à l’Allemagne. Nos économies sont proches mais nous avons perdu un terrain précieux par rapport à notre voisin d’outre-Rhin. Si rien n’est fait, la France risque de devenir rapidement « l’homme malade de l’Europe ».

Le dernier sommet européen a permis quelques avancées sur le dossier de l’union bancaire. Un calendrier est officiellement lancé. Les évènements vont-ils dans la bonne direction selon vous ?

P.G-d-V : Le progrès est incontestable. Un accord a été obtenu sur la supervision des banques dans le courant de l’année prochaine. C’est un bon compromis franco-allemand : les Français ont obtenu que cette surveillance s’applique à tout le secteur bancaire car la crise résulte aussi des difficultés des banques de taille moyenne et les Allemands, qui ne voulaient pas précipiter le calendrier, ont obtenu que cette supervision s’applique dans le courant de l’année prochaine et non au 1er janvier 2013. Transférer la supervision des banques à la BCE, en lien avec les régulateurs nationaux, n’est pas une mince affaire... D’autres étapes attendent les négociateurs : il faut trouver un accord rapidement sur la garantie unique des dépôts bancaires, passant au préalable par l’harmonisation avant la fin de l’année des systèmes existant. Nous n’y sommes pas encore.

L’Espagne devra également attendre avant d’obtenir une recapitalisation directe de ses banques via le MES... Va-t-elle se résoudre à demander officiellement de l’aide ?

P.G-d-V : Deux obstacles ont retardé jusqu’à présent la demande d’aide de l’Espagne. D’une part, les dirigeants allemands expriment une certaine lassitude à retourner devant le Bundestag. Ils ont considéré à tort que les annonces de la BCE suffiraient à faire retomber durablement la tension sur les spreads. D’autre part le gouvernement espagnol redoute toujours les conditions de l’aide, notamment sur les retraites des salariés espagnols. Comme pour la Grèce, un accord est encore attendu.

Propos recueillis par Julien Gautier

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  • bilit13 le samedi 27 oct 2012 à 10:03

    bon alors en premier il y a la colle UHU tube jaune, un peu odorante.Si ca colle tjrs pas, je préconise la PATEX ou encore NICLOU NIVISSi ca colle tjrs pas il reste la super glue, en dose de 25kg à mettre tout le long de la frontiere

  • gustav10 le vendredi 26 oct 2012 à 16:48

    Dans tout cela, il y a des "y a qu'à, faut qu'on", cependant il n'y a pas de point concrets, nommés, décrits, détaillés et justifiés. Encore un donneur de leçons qui vit sur la bête.

  • M2269518 le vendredi 26 oct 2012 à 11:53

    Heureusement que le GRATIN de la finance + le GRATIN de la politique + le GRATIN des journaleux de tout poilssont là pour vous sauvez ,bande d'ingrats que vous êtes!!!!

  • gadjo92 le vendredi 26 oct 2012 à 07:48

    un fils d'archeveque qui bosse pour la perfide albion....que nenni...Montebourg a la rescousse...on se marre bien ici entre flagorneurs et incompetents de tous poils...moi j ai les mains dans le cambouis de l'entrepreunariat...alors les leçons des autres qui sont tous ds salariés qui ne prennent aucun risque ...je rigole

  • zdidier1 le jeudi 25 oct 2012 à 19:39

    un bankster qui donne sont avis v'la aut chose

  • ceriz le jeudi 25 oct 2012 à 18:25

    un banquier qui donne des conseils: on aura tout vu......

  • ceriz le jeudi 25 oct 2012 à 18:25

    un banquier? ils l'ont pas sérré encore?

  • o.top le jeudi 25 oct 2012 à 18:16

    et une répartition plus juste des richesses on n'en parle pas ! exemple d'un GHOSN qui a pris 12 millions d'€ en 2011 est ce sérieux ? en divisant par deux (reste quand même six millions) ça fait 200 salariés qui cotisent et ne qui ne coutent pas d'argent à la collectivité !

  • pmiralle le jeudi 25 oct 2012 à 18:13

    Mais il est fou ! En France on ne bosse plus depuis longtemps. Mieux vaut apprendre aux Allemands et aux Chinois a tirer au flan !

  • M101064 le jeudi 25 oct 2012 à 18:07

    et dans le même temps l'allemagne essaie de recoller à la chine....bonjour le challenge ,tous en vélo et au boulot non stop...vu comme cela le mondialisme c'est top!