Philip Morris conteste tout lobbying illégal

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PHILIP MORRIS SE DÉFEND FACE À DES ACCUSATIONS DE LOBBYING
PHILIP MORRIS SE DÉFEND FACE À DES ACCUSATIONS DE LOBBYING

PARIS (Reuters) - Philip Morris, leader mondial de l'industrie du tabac, se défend de tout lobbying illégal après la publication samedi par Le Parisien de documents suggérant le fichage des eurodéputés avant l'examen, le 9 octobre prochain par le Parlement européen, d'une directive destinée à mieux avertir les fumeurs.

Selon les documents datant de 2012 et 2013 reproduits par Le Parisien, les députés sont classés en trois couleurs - rouge pour les opposants à l'industrie du tabac, bleu pour ceux qui en sont proches et vert pour ceux qu'il convient d'approcher d'urgence.

Stéphane Le Foll, actuel ministre de l'Agriculture et alors député européen, avait été classé en vert parce que jugé favorable aux aides aux planteurs de tabac et proche de François Hollande, écrit Le Parisien.

Interrogé par Le Parisien, Stéphane Le Foll dit se souvenir avoir été approché par un représentant de l'industrie du tabac pendant la campagne présidentielle de 2012.

"Je découvre l'existence de ce fichier qui est pour moi une atteinte aux libertés", a-t-il déclaré au journal.

Dans un communiqué, Philip Morris qualifie d'allégations les informations du Parisien et les conteste formellement. Le groupe dit respecter les règles en matière de lobbying et de respect de la vie privée.

"Les dossiers dont il est fait mention reflètent simplement une perception des opinions exprimées par les élus amenés à discuter et adopter des textes de lois", lit-on dans le communiqué. "Ceci est en adéquation avec les usages et conforme à ce que font d'autres entreprises, ONG ou autres groupes d'intérêt dans le cadre d'un processus législatif normal afin de porter à la connaissance des élus les problématiques et enjeux."

Contacté par Reuters, Philip Morris avait renvoyé dans un premier temps à un communiqué du 9 septembre dans lequel s'exprime Drago Azinovic, président de Philip Morris International pour l'Union européenne.

"Il est malheureux que la discussion se focalise sur nos efforts pour faire connaître nos positions sur cette directive plutôt que sur une évaluation sérieuse du contenu et de l'impact probable de la directive proposée par l'Union européenne", y écrit-il.

Patrick Vignal

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