Pfizer renonce à se scinder, des acquisitions jugées possibles

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PFIZER RENONCE À SE SCINDER
PFIZER RENONCE À SE SCINDER

(Reuters) - Pfizer, qui envisageait depuis plus de deux ans de se scinder, a renoncé à ce projet, une décision interprétée par certains investisseurs comme le possible coup d'envoi à une nouvelle phase de croissance externe afin de renforcer son portefeuille de médicaments.

Le numéro un américain de la pharmacie a expliqué lundi qu'une analyse approfondie avait conclu que séparer ses activités de médicaments génériques, dont la croissance est vouée à rester faible, de ses produits protégés par des brevets d'exclusivité, ne permettrait pas de doper sa génération de trésorerie ni de renforcer la compétitivité des deux branches.

La scission pourrait au contraire perturber les activités et générer des coûts supplémentaires sans pour autant se traduire par des avantages fiscaux, a-t-il ajouté.

"Je n'ai jamais compris la logique d'une scission", a commenté Les Funtleyder, gérant d'E Squared Asset Management, actionnaire de Pfizer. L'acquisition et le développement de nouveaux médicaments dans l'oncologie et d'autres domaines thérapeutiques sont la véritable clé de la croissance pour le groupe, a-t-il expliqué. "On devrait plutôt le voir conclure des acquisitions ciblées entre un et dix milliards de dollars, qui sont facilement faisables pour Pfizer", a-t-il dit.

Pfizer a précisé que ses génériques et ses traitements exclusifs resteraient gérés par des divisions séparées, ajoutant ne pas écarter la possibilité d'une scission future si "certains facteurs évoluent de façon notable à un moment donné".

Pour Jeff Jonas, gérant de Gabelli Funds, autre actionnaire du groupe, il faut s'attendre à des initiatives susceptibles de renforcer le portefeuille de médicaments brevetés, notamment dans l'oncologie, un domaine très rentable.

Il a ajouté s'attendre à ce qu'après le rachat récent de Medivation pour 14 milliards de dollars, Pfizer enchaîne sur des opérations "de même taille ou plus petites".

Pfizer avait renoncé en avril à racheter Allergan en raison d'un changement de la réglementation fiscale aux Etats-Unis. Le montant de l'opération aurait pu atteindre 160 milliards de dollars.

Le groupe a dit lundi que l'abandon du projet de scission n'aurait aucun impact sur ses objectifs financiers 2016 et qu'il se réservait le droit de se scinder à l'avenir.

A Wall Street, le titre Pfizer a perdu 1,81% sur la journée.

(Randsell Pierson et Bill Berkrot, Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le service français)


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