Pfizer renonce à racheter Allergan

le , mis à jour à 05:44
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    * Un mariage à 160 milliards de dollars tombe à l'eau 
    * De nouvelles dispositions du Trésor ont changé la donne 
    * D'autres opérations pourraient être menacées 
 
 (Actualisé avec confirmation) 
    par Caroline Humer et Ransdell Pierson 
    NEW YORK, 6 avril (Reuters) - Pfizer  PFE.N  a fait savoir 
mardi qu'il renonçait à racheter Allergan  AGN.N , une opération 
de 160 milliards de dollars (140 milliards d'euros) qui devait 
donner naissance au premier groupe pharmaceutique mondial, suite 
à l'annonce par le Trésor américain de nouvelles dispositions 
sur les opérations d'inversion fiscale. 
    Pfizer, le fabricant du Viagra, et Allergan, dont le produit 
vedette est le Botox, devraient annoncer officiellement mercredi 
la rupture de leur accord, a-t-on appris d'une source proche du 
dossier. 
    Leur union, considérée comme le plus important montage 
d'inversion fiscale jamais conçu, devait permettre à Pfizer de 
transférer son siège en Irlande. 
    La donne a changé lundi avec l'annonce par le département du 
Trésor de règles renforçant la lutte contre l'inversion, 
mécanisme par lequel des entreprises américaines délocalisent 
leur siège social dans un pays à taux d'imposition plus bas en 
achetant une société basée à l'étranger. 
    Les règles annoncées lundi auraient privé Pfizer, qui 
espérait boucler la fusion au second semestre 2016, de 
l'avantage fiscal d'une délocalisation en Irlande, a expliqué 
une source proche du dossier. 
    Le titre Pfizer a gagné mardi 2,1% à Wall Street. L'action 
Allergan a reculé de 14,8%. 
    Les mesures annoncées lundi visent à encadrer le processus 
d'acquisitions dans le but d'une inversion et à limiter les 
pratiques financières permettant aux multinationales de réduire 
leurs bénéfices soumis à l'impôt aux Etats-Unis. 
    Selon les nouvelles règles, les acquisitions d'actifs 
américains réalisées par une entreprise basée à l'étranger dans 
les trois ans précédant une inversion ne pourront plus compter 
dans les calculs déterminant si sa composition lui autorise à 
participer à ce type de montage. 
    "Cela veut dire en clair que les opérations réalisées par 
Allergan dans les 36 mois précédant l'opération ne compteront 
pas dans les calculs", écrit dans une note Umer Raffat, analyste 
d'Evercore. 
     
    D'AUTRES OPÉRATIONS MENACÉES 
    Ces opérations comprennent le rachat par Allergan d'Actavis 
pour 66 milliards de dollars, de Forest Laboratories pour 25 
milliards de dollars et de Warner Chilcott pour 5 milliards de 
dollars. 
    Les termes de la fusion entre Pfizer et Allergan prévoient 
une possibilité de rupture en cas de changement de la 
réglementation faisant de la nouvelle entité une entreprise 
soumise au régime fiscal américain. L'entreprise mettant un 
terme à l'opération doit alors verser à l'autre jusqu'à 400 
millions de dollars pour ses frais, stipule l'accord. 
    Barack Obama a salué les mesures annoncées par le Trésor 
tout en se prononçant en faveur d'une véritable législation pour 
permettre de lutter plus efficacement contre l'inversion. 
    Le président américain ne cesse de demander au Congrès, 
contrôlé par les Républicains, d'agir en la matière mais les 
parlementaires ne l'ont pas écouté jusqu'à présent. 
    Les nouvelles règles du Trésor menacent d'autres opérations, 
dont le projet de fusion de Johnson Controls  JCI.N  et Tyco 
 TYC.N  pour 16,5 milliards de dollars. 
    Johnson Controls, basé dans le Milwaukee, fabrique entre 
autres des systèmes de chauffage et de ventilation ainsi que des 
batteries pour l'automobile. Tyco, dont le siège social est 
installé en Irlande, est spécialisé dans les systèmes de 
protection anti-incendie. 
      
 
 (Juliette Rouillon et Patrick Vignal pour le service français) 
 

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