Peut-on prévenir la formation du fanatisme ?

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Latifa Ibn Ziaten, la présidente de l'association Imad Ibn Ziaten et mère du soldat du même nom, tué par Mohamed Merah en mars 2012, intervient dans un cour d'éducation civique, dans une école d'Eaunes (Haute-Garonne) en mars 2015.
Latifa Ibn Ziaten, la présidente de l'association Imad Ibn Ziaten et mère du soldat du même nom, tué par Mohamed Merah en mars 2012, intervient dans un cour d'éducation civique, dans une école d'Eaunes (Haute-Garonne) en mars 2015.

Nul ne naît fanatique. Il peut le devenir progressivement s’il s’enferme dans des modes pervers ou illusoires de connaissance, réduction, manichéisme et réification. L’enseignement devrait agir sans relâche pour les déraciner, selon le sociologue Edgar Morin.

La première déclaration de l’Unesco à sa fondation avait indiqué que la guerre se trouve d’abord dans l’esprit, et l’Unesco a voulu promouvoir une éducation pour la paix. Mais en fait, il ne peut être que banal d’enseigner que paix vaut mieux que guerre, ce qui est évident dans les temps paisibles. Le problème se pose quand l’esprit de guerre submerge les mentalités. Eduquer à la paix signifie donc lutter pour résister à l’esprit de guerre.

Cela dit, en temps même de paix peut se développer une forme extrême de l’esprit de guerre, qui est le fanatisme. Celui-ci porte en lui la certitude de vérité absolue, la conviction d’agir pour la plus juste cause et la volonté de détruire comme ennemis ceux qui s’opposent à lui ainsi que ceux qui font partie d’une communauté jugée perverse ou néfaste, voire les incrédules (réputés impies).

Une structure mentale commune Nous avons pu constater dans l’histoire des sociétés humaines de multiples irruptions et manifestations de fanatisme religieux, nationaliste, idéologique. Ma propre vie a pu faire l’expérience des fanatismes nazis et des fanatismes staliniens. Nous pouvons nous souvenir des fanatismes maoïstes et de ceux des petits groupes qui, dans nos pays européens, en pleine paix, ont perpétré des attentats visant non seulement des personnes jugées responsables des maux de la société, mais aussi indistinctement des civils : fraction armée rouge de la « bande à Baader » en Allemagne, brigades noires et brigades rouges en Italie, indé...

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