Peut-on extraire proprement les gaz de schiste ?

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Certains jugent le potentiel français en matière de gaz de schiste trop important pour s'en priver...
Certains jugent le potentiel français en matière de gaz de schiste trop important pour s'en priver...

Oui, répond l'économiste en chef de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) Fatih Birol.


Réclamant depuis des semaines la réouverture du dossier sur les gaz de schiste, ce qui est également le v?u de l'ancien président d'EADS Louis Gallois et bien entendu des entreprises pétrolières, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg et la présidente du MEDEF (Mouvement des entreprises de France) Laurence Parisot vivent mal la position élyséenne sur cette question ultra-sensible. Rappelons que François Hollande a réaffirmé son opposition à la fracturation hydraulique et exigé l'abrogation de sept permis d'exploration durant la Conférence environnementale, mi-septembre.


Pour autant, tous n'ont pas été annulés ? plusieurs dizaines restent valables - et, au grand dam des « anti », qui restent plus que jamais mobilisés et préconisent de leur côté des modifications législatives dans le sens d'une interdiction pure et simple de l'extraction des hydrocarbures de roche-mère, la porte reste ouverte à des prospections dites « scientifiques ». Il reste que Jean-Marc Ayrault a très vite « balayé » la proposition de M. Gallois, lequel plaide pour la relance de la recherche et la mise au point de techniques alternatives à la fracturation hydraulique, dont les dommages écologiques et sanitaires il est vrai majeurs constituent l'alpha et l'oméga de l'argumentaire des associations de protection de l'environnement.


De fait, les propos de M. Birol pourraient leur porter préjudice et a contrario constituer une réelle bouffée d'oxygène pour M. Montebourg et consorts. « Je crois qu'il est possible d'exploiter proprement le gaz de schiste, à condition de fixer un cadre règlementaire très strict aux industriels qui devront faire des investissements technologiques importants », a-t-il en effet estimé dans une interview accordée à nos confrères du Monde.



« Les bénéfices à tirer de cette ressource peuvent être très élevés »



Convaincu que « le jeu en vaut la chandelle, car les bénéfices à tirer de cette ressource peuvent être très élevés », l'expert invite par ailleurs Paris à bien « mesurer les conséquences » de sa décision. Et d'ajouter : « La France réduit la part du nucléaire [NDLR : Pour rappel, la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) aura cessé ses activités d'ici la fin du quinquennat et la part de l'atome civil dans le mix énergétique national sera ramenée à 50 % à l'horizon 2025, contre environ 75 % aujourd'hui], interdit le gaz de schiste et vise à limiter plus fortement ses émissions de gaz à effet de serre. Ces trois éléments sont-ils compatibles ? Je n'en suis pas sûr. »


En d'autres termes, l'Hexagone ne pourrait avoir le beurre et l'argent du beurre, renoncer progressivement à l'atome et dans le même temps faire une croix sur les hydrocarbures de roche-mère alors même que les besoins énergétiques vont crescendo. Même si les chiffres manquent quant au potentiel français en matière de gaz, pétroles et huiles de schistes, l'ancien Premier ministre Michel Rocard, également interrogé par le quotidien, juge lui aussi déraisonnable de s'en priver.


« La France est bénie des dieux. Pour l'Europe, elle serait au gaz de schiste ce que le Qatar est au pétrole », a-t-il rappelé, citant par ailleurs l'exemple du gaz de Lacq (Pyrénées-Atlantiques), « extrait par fracturation hydraulique sans dégâts sur place ». Les appels à l'exploitation des réserves nationales de schiste se sont multipliés ces dernières semaines. Indépendance énergétique, énergie bon marché, création de dizaines de milliers d'emplois : force est de reconnaître que ses partisans ont de solides arguments à faire valoir. En attendant que des méthodes d'extraction plus « propres » et sûres voient le jour, souhaitons néanmoins que le grand débat national à venir sur la transition énergétique se concentre sur l'efficacité énergétique et l'énergie durable. Elles ne font courir aucun danger.


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  • M3748275 le jeudi 15 nov 2012 à 18:35

    l'article n'apporte aucunes explications !D'une maniere generale il est bien difficile de trouver des preuves de la grande nocivite de la fracturation hydrolique ! quand a la contamination des nappes phreatiques...pas l'ombre d'une preuve scientifique!

  • pier6916 le jeudi 15 nov 2012 à 10:49

    "Dans un régime socialiste l'idéologie prime la compétence", cette maxime de 1981 est remise à l'ordre du jour par Hollande.Pourquoi ne pas extraire les gaz de schiste comme oon l'avait fait à Lacq? Il n'y avait pas eu de dégâts environementaux.

  • dotcom1 le jeudi 15 nov 2012 à 10:00

    Le titre n'a rien à voir avec le contenu de l'article. On n'en sait toujours pas davantage sur les methodes propres d'extraction, type air pressurisé.

  • paumont1 le jeudi 15 nov 2012 à 08:33

    Certes wchris, mais ce n'est pas la position des lobbies pétroliers, gaziers ou nucléaires, et malheureusement ces lobbies sont plus important pour les politiques que l'opinion des citoyens concernés; je crains bien qu'on ne nous laisse pas le choix...

  • wchris le mercredi 14 nov 2012 à 23:33

    Argumantaire biaisé qui ne fait la somme que des éléments négatif puis pose ironiquement la question "Ces trois éléments sont-ils compatibles ?" .... L'erreur dans le raisonnement c'est qu'il n'y a pas que 3 éléments. Seul le lobby de "l'énergie centralisée" considère qu'il n'y a que SES 3 éléments. Mais le quatrième élément c'est la DECENTRALISATION de la production d'énergie afin de la faire produire par les particuliers.