Peut-on encore facilement louer un logement en meublé ?

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QUESTIONS D'ARGENT - La Mairie de Paris a décidé de remettre de l'ordre dans la location en meublé. Quelles mesures prendre avant de se lancer, quels sont les atouts de la location en meublé ? Le Particulier fait le point en trois questions.

Avec Le Particulier

La Mairie de Paris a décidé de remettre de l'ordre dans la location en meublé. S'appuyant sur l'article L. 631-7 du Code de la construction et de l'habitation, qui oblige les propriétaires à demander une autorisation lorsqu'ils destinent un logement meublé à la location touristique de courte durée (week-end ou semaine), la municipalité vient d'envoyer à de nombreux bail­leurs un courrier les enjoignant de régulariser leur situation. Les récalcitrants risquent une astreinte journalière de 1000 euros par mètre carré et une forte amende. Ces mesures coercitives ne viseraient que les bailleurs multipropriétaires ou ceux louant via une société civile immobilière (SCI). Concrètement, il est toujours possible de mettre en location à Paris, sans formalisme particulier, sa résidence principale les quelques semaines par an où on ne l'occupe pas, ou encore de proposer un appartement meublé au mois ou à l'année. Même si, pour le moment, seule la mairie de Paris semble vouloir faire respecter l'article L. 631-7, ce dernier est, en théorie, applicable dans l'ensemble des communes des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, ainsi que dans toutes les villes de plus de 200.000 habitants. Quant aux locations meublées dans le reste de la France, elles peuvent toujours s'effectuer sans contrainte.

1. Quels restent les atouts de la location meublée ?

Louer en meublé permet de demander, à quartier et superficie équivalents, un loyer plus élevé qu'en location nue, de l'ordre de 5 à 10 % à Paris, et de 15 à 20 % en province. Sur de courtes durées, pour des locations à la semaine ou au mois, le différentiel est même plus important. Ensuite, la location meublée est juridiquement plus souple à mettre en ½uvre, même si la loi Borloo de 2005 impose un bail d'une durée minimale lorsque le bien constitue la résidence principale du locataire, et restreint la possibilité de donner congé. Vous pouvez toujours fixer librement le montant du dépôt de garantie, cumuler une garantie loyers impayés et la caution d'un tiers, ou encore demander le paiement d'avance du loyer. Dernier atout, les loyers issus d'une location meublée sont imposés au régime des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Ce qui permet, entre autres, d'amortir le bien et le mobilier sur les revenus locatifs de même nature, voire, sous certaines conditions, sur le revenu global.

2. Tous les marchés se prêtent-ils à la location meublée ?

Non, la location meublée ne cible que certaines catégories de locataires : étudiants, cadres en mission et touristes. Inexistant en milieu rural et en périphérie des grandes agglomérations, ce marché est en revanche très dynamique dans les centres-villes des métropoles régionales et dans l'ensemble des arrondissements parisiens. On constate aussi une véritable demande en première couronne parisienne, dans les communes proches de la Défense.

3. Quelles précautions prendre avant de se lancer ?

Le logement doit être suffisamment meublé et contenir du linge de maison et de table, des luminaires, de la vaisselle et de l'électroménager. L'ensemble devant être en excellent état pour répondre aux attentes d'une clientèle exigeante. Mieux vaut opter pour des équipements de qualité susceptibles de résister au passage des nombreux locataires. Par ailleurs, avant de faire du meublé, vérifiez que votre règlement de copropriété ne s'y oppose pas. Enfin, si vous envisagez de vous lancer dans la location touristique à grande échelle, n'oubliez pas de demander une autorisation administrative.

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