Peugeot chute en Bourse, doutes sur la restructuration

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LE TITRE PSA CHUTE EN BOURSE
LE TITRE PSA CHUTE EN BOURSE

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën accentue sa chute vendredi à la Bourse de Paris alors que les investisseurs s'inquiètent de l'opposition des syndicats et de la position critique du gouvernement, après la restructuration annoncée la veille, et constatent que le redressement des comptes prendra du temps.

A 13h30, le titre perd 7,55%, plus forte baisse du CAC 40, à 6,490 euros, ramenant la capitalisation du groupe automobile à 2,3 milliards d'euros. Le titre affiche une perte de 38,6% depuis le début de l'année et d'environ 77% depuis juillet 2011.

L'action avait déjà perdu 1,74% jeudi, alors que le président du directoire du constructeur Philippe Varin annonçait 8.000 nouvelles suppressions d'emplois en France et la fermeture d'une usine dans le cadre de ce plan. (voir )

"Le marché sanctionne le sentiment que la direction n'arrive pas à défendre sa stratégie vis-à-vis de l'Etat. Il s'agit également d'une poursuite d'une tendance de fond, avec les mauvais chiffres de ventes automobiles en Europe et ailleurs, Peugeot souffrant un peu plus que la concurrence", commente un gérant de portefeuille qui n'a pas voulu être identifié.

Le ministre du Redressement progressif, Arnaud Montebourg, a estimé que PSA n'avait pas à ses yeux apporté de justification suffisante à ce plan.

"EXTRÊME PRÉOCCUPATION"

François Hollande qui a fait part de son "extrême préoccupation" à propos de cette restructuration, a prévu de s'exprimer sur le sujet le 14 juillet.

"Le gouvernement a réagi comme il convenait, avec la nomination d'un expert, avec une volonté de revoir ce qui a été présenté et d'avoir un plan pour l'industrie automobile qui sera présenté à la fin du mois de juillet", a déclaré le chef de l'Etat à la presse.

Dans une note publiée vendredi matin, Barclays Capital a abaissé son objectif de cours sur le titre à 5,0 euros au motif que les décisions annoncées par PSA risquaient de ne pas améliorer la situation financière du groupe avant 2014.

"Nous revoyons sensiblement en baisse nos estimations de résultat opérationnel pour la division automobile pour tenir compte de la prévision de pertes au premier semestre et de l'idée qu'il n'y aura pas d'amélioration sur la seconde partie de l'année ou en 2013", explique Kristina Church, analyste automobile chez Barclays, dans la note.

Les analystes financiers de Société générale et de Commerzbank ont également abaissé leur objectif de cours sur la valeur de, respectivement, 10 à 8,0 euros et 10 à 6,70 euros.

Par ailleurs, Moody's a placé le constructeur automobile sous surveillance, avec implication négative en vue d'une éventuelle dégradation, justifiant sa décision par "une détérioration de l'utilisation des capacités, déjà faible, de ses usines au premier semestre 2012".

Juliette Rouillon, édité par Jean-Michel Bélot

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  • lan8dy le vendredi 13 juil 2012 à 14:50

    Un PDG qui a fait perdre près de 80% de capitalisation boursière en 1 an, doit partir (ou être viré)