Peu élevée, l'inflation perturbe la Fed aux Etats-Unis

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LE RYTHME DE L'INFLATION PERTURBE LA FED
LE RYTHME DE L'INFLATION PERTURBE LA FED

par Jason Lange

WASHINGTON (Reuters) - Si les signes d'embellie économique se multiplient aux Etats-Unis, le rythme actuel de l'inflation n'en fait pas partie et incite certains experts à redouter un risque déflationniste.

Au cours de l'année écoulée, le taux de chômage américain a reculé de près d'un point de pourcentage, le secteur de l'immobilier a accéléré et l'endettement des ménages est revenu à un niveau sans précédent en l'espace d'une décennie.

Les entreprises ont de leur côté beaucoup de mal à relever les prix et les différentes mesures d'inflation montrent un ralentissement spectaculaire sur l'année écoulée, un phénomène contraire à ce qui se produit habituellement dans les phases de reprise économique.

Les raisons de ce ralentissement divisent les experts, mais l'une des hypothèse est qu'il est imputable aux effets de la récession de 2007-2009.

Si tel est le cas, la question de l'inflation pourrait se mettre en travers du souhait de la Réserve fédérale de mettre fin à son programme de rachats d'actifs d'ici la mi-2014.

Au cours des 12 mois à juin, les prix à la consommation ont augmenté de 1,3%, ce qui représente environ la moitié du rythme que l'économie américaine enregistrait début 2012. Le ralentissement est perceptible presque partout, que ce soit dans la santé, dans le divertissement ou dans l'habillement.

Un bas niveau d'inflation effraie les responsables politiques car les risques sont alors accrus de voir un choc économique - par exemple un effondrement en Europe ou en Chine - se traduire par une diminution des prix qui entraînerait les Etats-Unis dans une spirale déflationniste.

ÉCONOMIE FRAGILE

Prenant acte de ce risque, le président de la Fed Ben Bernanke a dit en juillet qu'il faudrait que l'inflation augmente avant que la banque centrale américaine puisse mettre un terme à son programme de rachats d'actifs, dont le premier objectif est de maintenir les taux d'intérêt à un niveau suffisamment bas que les entreprises puissent emprunter et embaucher.

Mais il a dit s'attendre à ce que les prix repartent à la hausse sous peu, notamment parce qu'il impute le récent ralentissement à des facteurs temporaires, comme les coupes budgétaires qui ont atténué la pression sur les prix en limitant les dépenses de santé.

Effectivement, les derniers indicateurs tendant à montrer que l'inflation se stabilise, alimentant les spéculations sur un début de diminution du programme de rachats d'actifs dès septembre.

Parallèlement, un débat s'est ouvert au sein de la Fed sur les raisons qui justifient que l'inflation reste inférieure à l'objectif de la Fed, de 2%.

Le compte-rendu de la dernière réunion de la Réserve fédérale montre qu'un certain nombre de membres du comité de politique monétaire jugent que le niveau actuel de l'inflation s'explique par la fragilité de l'économie.

Ils ont prévenu que cette faiblesse pourrait empêcher l'inflation d'accélérer dans l'immédiat, plaidant ainsi en faveur d'une poursuite de la politique accommodante de la Fed.

C'est aussi la fragilité de l'économie qui dissuade un grand nombre d'entreprises d'augmenter leurs prix, réduisant leurs trésorerie.

La proportion nette de petites entreprises prévoyant de relever d'augmenter leurs prix a chuté en juillet à 15%, renouant avec le niveau qui était le sien fin 2011, selon des données d'une fédération patronale.

"La clé pour un retour de l'inflation est un retour du côté de la demande, et nous ne l'avons pas", déclaré William Dunkelberg chef économiste de la National Federation of Independent Business.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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