Peu de chances d'atteindre 3% de déficit en France fin 2013

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PARIS A PEU DE CHANCE DE RÉDUIRE SON DÉFICIT À 3% DU PIB FIN 2013, DIT LA COUR DES COMPTES
PARIS A PEU DE CHANCE DE RÉDUIRE SON DÉFICIT À 3% DU PIB FIN 2013, DIT LA COUR DES COMPTES

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - La France a peu de chances de parvenir à ramener son déficit public à 3% du PIB cette année en raison de la faiblesse de la croissance mais les objectifs structurels sont atteignables, estime la Cour des comptes, pour qui la "priorité absolue" est la maîtrise des dépenses.

Elle souligne dans son rapport annuel présenté mardi que l'effort structurel de redressement des comptes publics prévu cette année "représente 1,9 point de PIB, soit 38 milliards d'euros, ce qui est inédit en France", un pays dont le déficit public reste supérieur à la moyenne européenne.

"Cependant, l'objectif de déficit effectif de 3% n'a que peu de chances d'être atteint, en raison notamment d'un niveau de croissance vraisemblablement inférieur aux prévisions", a déclaré le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, devant des journalistes.

Le gouvernement doit réviser d'ici avril sa prévision de croissance pour 2013, sans aucun doute à la baisse, la prévision actuelle de 0,8% étant très supérieure à celles des économistes et des institutions internationales.

François Hollande a déclaré mardi que la France ferait un choix équilibré entre le sérieux budgétaire et la préservation de l'activité économique, après une réévaluation de sa prévision de croissance 2013 qui pourrait intervenir dans les prochains jours.

"Nous devons tout faire pour que dans l'année 2013 nous ayons le sérieux budgétaire sur lequel nous sommes engagés mais que nous ayons aussi une volonté de préserver l'activité. Et c'est en fonction de ces deux exigences (...) que nous aurons à faire les choix liés à cette perspective de croissance", a-t-il dit.

"PRIORITÉ ABSOLUE" AUX DÉPENSES

Si la croissance n'est que 0,3% cette année, l'impact sur les recettes publiques - et sur le déficit - sera de 0,25 point de PIB, estime la Cour des comptes. La Commission européenne et le Fonds monétaire international prévoient un déficit à 3,5% du PIB en France fin 2013.

Selon Didier Migaud, "dans ce contexte, la Cour considère qu'il y a nécessité pour les autorités responsables de l'Union européenne de préciser le poids respectif qu'il importe de donner aux critères de soldes effectif et de solde structurel".

Les autorités françaises se défendent de vouloir que les objectifs structurels - indépendants de la conjoncture -supplantent les objectifs nominaux de déficit pour la France, mais elles estiment qu'une réflexion doit avoir lieu au niveau européen pour trouver un équilibre entre assainissement budgétaire et soutien à la croissance.

Après les fortes hausses des prélèvements obligatoires décidées pour cette année, la Cour des comptes définit pour l'avenir "une priorité absolue : des efforts accrus d'économies sur les dépenses de toutes les administrations publiques".

"Aucune réforme porteuse d'économies substantielles au-delà de 2013 ne peut être identifiée", souligne-t-elle. "Aussi, la priorité absolue est-elle aujourd'hui de prendre sans tarder les décisions et d'engager les réformes nécessaires dans l'ensemble des administrations publiques."

PROJET INSUFFISANT AU DÉPART

Elle estime que le projet du gouvernement dans ce domaine était "insuffisant au départ" mais elle ajoute qu'avec les 10 milliards d'euros d'économies supplémentaires annoncées pour financer le crédit d'impôt compétitivité, "l'effort sur les dépenses de 2012 à 2017 (...) (2,7 points de PIB) est désormais supérieur à la hausse des prélèvements (2,1 points)".

Elle rappelle que le Conseil européen a recommandé fin 2009 à la France de réduire son déficit structurel de quatre points de PIB à l'horizon 2013 et estime que cet "engagement peut être tenu, notamment si l'évolution des dépenses publiques est strictement conforme aux objectifs du gouvernement".

La France reste dans une situation moins favorable que la moyenne européenne, avec un déficit public qui s'élevait à environ 4,5% du PIB fin 2012 contre 3,3% estimé dans la zone euro et 3,6% dans l'Union européenne.

Selon la Commission européenne, l'ampleur de la réduction du déficit a été l'an dernier globalement conforme en France à celle observée en Europe, à 0,7 point de PIB en France contre 0,8 point en moyenne dans la zone euro et l'Union européenne.

Le déficit structurel estimé par la Commission devrait avoir été réduit de 1,1 point de PIB en France, à 3,4%, contre -1,3 point en moyenne dans la zone euro, à 2,2%, et -1,1 point dans l'Union européenne, à 2,7%.

Edité par Yves Clarisse

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  • M1257259 le mardi 12 fév 2013 à 15:33

    holande et son gouvernement devrait etre aussi lucides que le pape..

  • M1257259 le mardi 12 fév 2013 à 15:32

    le serieux budgetaire aurait commençé par arreter de raconter des co...ries genre croissance de 0.8 % cette année! comment parler de sérieux budgetaire quand on est a ce point stupide?

  • 2445joye le mardi 12 fév 2013 à 15:30

    Nul ne se faisait grande illusion sur la capacité des socialistes à tenir les promesses faites dans le domaine économique, à commencer par les intéressés eux-mêmes. La question qu'on peut se poser est de savoir si ça a jamais été leur principal souci. J'en doute.

  • M5859377 le mardi 12 fév 2013 à 15:10

    le FMI Et L'ocde ont recommandé à la France de ne pas en faire plus pour le déficit sous peine de rentrer ds une spirale dépressive: le FMI est échaudé par son "erreur de calcul" comme ils disent dur le multiplacateur récessif de la coupe des dépenses publiques: les grecs apprécieront....

  • M19160 le mardi 12 fév 2013 à 15:08

    D'ici quelques semaines/mois les évidences seront là: croissance zéro pour 2013 voir récession, déficit 2013 entre 3.5% et 4%, hausse du 10Y autour des 4%. Donc obligation d'économies drastiques: hausses d'impôts impossibles alors il faudra tailler dans les dépenses de l’État. FH obligé de rentrer dans sa clientèle, ce sera un spectacle passionnant à regarder genre le type qui essaye de quitter son slip par la tête...

  • M7361806 le mardi 12 fév 2013 à 15:04

    Laissez le président s'occuper du mariage pour tous on n'est pus à quelques millards!

  • knbskin le mardi 12 fév 2013 à 14:53

    Bon, enfin, pour le moment, on parle beaucoup d'économies et de sérieux budgétaire, mais on ne voit rien venir : et comme il faut attaquer de frot l'électorat du PS, eh bien c'est là que les Athéniens s'atteignirent, comme dirait l'autre ...

  • M4960905 le mardi 12 fév 2013 à 14:12

    on le sait depuis longtemps, aucune chance en effet, les politiques sont incapables et impuissants devant les mesures à prendre: la droite est à ses petits intérêts et la gauche est hostile à l'Entreprise; la messe est dite!

  • SeanO le mardi 12 fév 2013 à 14:00

    Plus justement aucune chance!Comment l'économie se redresserait-elle alors que la politique gouvernementale se résume à augmenter encore les prélèvements(déjà à des niveaux records)?Insane.On pourrait parler de crime économique,de haute trahison,puisque le socialiste exporte capital,matière grise,main d'oeuvre qualifiée et/ou motivée,et talents, et importe des va-nu-pieds(que le pays est incapable d'accueillir décemment).

  • gb00b04 le mardi 12 fév 2013 à 13:43

    Le petit joufflu, "Moi président Je" est bien parti pour nous faire de l'esbroufe sur toute la ligne.... Emploi, déficit rien ne marche et tout est à coté de la plaque. Sans compter zAyrault son fidèle lieutenant.

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