Peu d'introductions en Bourse cet été en Europe

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FAIBLE ACTIVITÉ POUR LES INTRODUCTIONS EN BOURSE CET ÉTÉ EN EUROPE
FAIBLE ACTIVITÉ POUR LES INTRODUCTIONS EN BOURSE CET ÉTÉ EN EUROPE

PARIS (Reuters) - Les introductions en Bourse (IPO) ont été particulièrement faibles cet été en Europe, notamment sur la plateforme Nyse Euronext, le quatrième trimestre s'annonçant toutefois plus favorable, selon une étude trimestrielle de PricewaterhouseCoopers (PwC).

Entre juillet et septembre, 57 sociétés se sont introduites sur le marché européen, soit moins que les 81 IPO recensées au deuxième trimestre, la période estivale étant traditionnellement moins animée. Les montants levés ont été néanmoins plus élevés, avec un total de 4,417 milliards d'euros contre 726 millions d'euros entre avril et juin.

Surtout, les entreprises ont été moitié moins nombreuses à s'introduire en Bourse au troisième trimestre que lors du même trimestre de 2011.

Au cours de l'été 2011, 121 sociétés s'étaient lancées dans l'aventure boursière pour lever 9,37 milliards d'euros, dans des conditions de marché pourtant nettement plus difficiles.

L'indice EuroStoxx50 avait alors chuté de 23,48% contre une progression de 8,57% entre juillet et septembre de cette année.

"Cet été a été marqué par un fort attentisme des investisseurs lié aux attentes concernant les décisions des banques centrales. Le calendrier était établi, contrairement à l'année dernière où il n'y avait pas d'échéance précise", explique Philippe Kubisa, associé PwC spécialiste des marchés de capitaux.

Du côté des opérateurs boursiers, Nyse Euronext, qui gère en Europe la Bourse de Paris et celle d'Amsterdam, n'a guère attiré les entreprises.

L'opérateur n'a recensé qu'une seule petite introduction en Bourse au troisième trimestre de 3 millions d'euros, bien loin derrière les 26 IPO enregistrées sur la Bourse de Varsovie (14 millions d'euros levés) et les 17 IPO sur le London Stock Exchange (LSE) (4,32 milliards levés).

L'opérateur Deutsche Börse, dont le projet de rapprochement avec Nyse Euronext a échoué en début d'année, a pour sa part vu cinq sociétés s'introduire sur son marché à Francfort.

"Londres a toujours eu la capacité d'attirer les sociétés étrangères grâce à la puissance de la finance anglo-saxonne, contrairement à Paris où le marché primaire, très local, reste faible", souligne Philippe Kubisa.

MARCHÉ BANCAIRE DIFFICILE

Ainsi, les deux principales IPO réalisées en Europe au troisième trimestre ont été faites à la Bourse de Londres. La banque russe Sberbank a levé 4,05 milliards d'euros et Eland Oil and Gas 148 millions d'euros.

La fin de l'année devrait néanmoins offrir aux entreprises un climat plus propice pour tenter l'aventure boursière, grâce à une embellie sur les marchés d'actions et au net repli de la volatilité.

Un certain nombre de sociétés ont d'ores et déjà annoncé leur intention de s'introduire en Bourse, notamment Direct Line, Megafon, Talanx et la filiale O2 en Allemagne de Telefonica.

Par ailleurs, les entreprises sont d'autant plus à la recherche de financement que le marché bancaire devient difficile, fait valoir Philippe Kubisa.

"Pour l'heure, le marché primaire obligataire a plus le vent en poupe en raison d'un environnement de taux bas et de l'absence d'effets dilutifs de ce genre d'opération", reconnaît-il toutefois, soulignant l'effet défavorable qu'a eu l'échec de l'IPO de Facebook en avril dernier sur l'appétit des investisseurs.

Si IPO il doit y avoir avant la fin de l'année, elles ne devraient pas dépasser les 100 millions d'euros à la Bourse de Paris, estime ainsi le spécialiste.

Blandine Hénault, édité par Matthieu Protard

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