Peu d'effet des mesures de la BCE sur les prêts, selon les banques

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    par Francesco Canepa 
    FRANCFORT, 19 avril (Reuters) - La politique monétaire 
ultra-accommodante au sein de la zone euro pénalise les profits 
des banques mais ses effets sur les conditions de crédit sont 
faibles voire même en diminution, montre une enquête de la BCE 
auprès des établissements de crédits publiée mardi. 
    L'enquête, été menée auprès de 141 banques de la zone euro 
le mois dernier, risque d'apporter de l'eau au moulin des 
détracteurs du président de la BCE Mario Draghi déjà sur la 
sellette en Allemagne pour sa politique de taux ultra-bas.  
    L'enquête trimestrielle sur la distribution du crédit 
bancaire de la BCE montre que le nombre d'établissements de 
crédit qui ont assoupli leurs conditions d'octroi de prêts ne 
dépasse que très légèrement celui de ceux qui les ont durcies 
sur les six derniers mois, en réponse aux mesures 
d'assouplissement de la BCE. 
    Ces résultats sont globalement comparables à ceux obtenus en 
octobre lorsque la même question sur les effets des mesures 
d'assouplissement avait été posée.  
    Les banques ont dans le même temps fait part d'une 
contraction de leurs marges d'intérêt en raison de la baisse du 
niveau général des taux provoquée par les achats massifs 
d'actifs de la BCE.  
    Plus de huit sur dix d'entre elles ont dit avoir subi une 
baisse de leur produit net d'intérêts du fait de la politique de 
taux d'intérêt négatifs de la BCE. 
    La BCE a augmenté d'un tiers le montant de ses achats 
mensuels d'actifs et abaissé ses trois principaux taux 
directeurs à l'issue de la réunion de son Conseil des 
gouverneurs du mois de mars. Aucun changement de politique 
monétaire n'est attendu à l'issue de la réunion de ce jeudi.  
    La BCE achète l'équivalent de 80 milliards d'euros de titres 
sur les marchés de la zone euro, principalement des obligations 
souveraines, dans l'espoir de relancer l'inflation et la 
distribution de crédit.  
    Les banques ont dans l'ensemble assoupli les conditions 
d'octroi de crédits aux entreprises au premier trimestre mais  
ont durci celles des prêts immobiliers et anticipent qu'elles 
continueront de le faire sur le trimestre en cours. 
    Ce durcissement des conditions d'octroi de prêts au premier 
trimestre s'explique principalement par la mise en oeuvre de la 
directive européenne sur le crédit immobilier qui impose aux 
banques de mieux évaluer la qualité des emprunteurs et de faire 
preuve d'une moindre tolérance au risque. 
    Au sein de la zone euro, les banques actives en Allemagne et 
aux Pays-Bas ont resserré leurs conditions de prêts tandis que 
celles implantées en Italie et en Espagne les ont relâchées. 
     
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 
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