Peu d'attentes avant le sommet sur le climat de Varsovie

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LA RÉDUCTION DES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE
LA RÉDUCTION DES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE

par Alister Doyle et Nina Chestney

OSLO/LONDRES (Reuters) - Le sommet de Varsovie sur le changement climatique, qui s'ouvrira lundi, sera l'occasion pour les dirigeants des grands pays industrialisés et émergents de revoir une nouvelle fois à la baisse leurs ambitions, malgré les mises en garde de plus en plus pressantes d'une partie de la communauté scientifique.

Environ 190 pays ont accepté en 2011 de participer à un pacte qui doit prendre la suite du Protocole de Kyoto, signé en 1997, et contraindre tous les Etats à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Il doit être signé en 2015 pour entrer en vigueur cinq ans plus tard.

"Notre préoccupation, c'est l'urgence", a prévenu Marlene Moses, représentante aux Nations unies de Nauru, l'un des plus petits pays du monde, au nom de l'Alliance des Petits États insulaires, dont les membres craignent d'être submergés par la montée des eaux liée au réchauffement climatique.

La conférence, qui durera jusqu'au 22 novembre, se tiendra un mois et demi après la publication d'un rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), qui désigne encore plus clairement l'homme comme le principal responsable du réchauffement.

Le rapport prévoit une hausse des températures comprise entre 0,3 et 4,8°C d'ici la fin du XXIe siècle, ainsi qu'une hausse de 26 à 82 cm du niveau des mers sur la même période, tout en minimisant le ralentissement du réchauffement, observé depuis le début des années 2000.

L'Organisation météorologique mondiale (OMM), qui dépend des Nations unies, a prévenu mercredi que les émissions de gaz à effet de serre avaient atteint un niveau sans précédent en 2012, et qu'il était de moins en moins envisageable d'atteindre l'objectif fixé à Copenhague en 2009 de limiter le réchauffement climatique à une hausse de deux degrés Celsius d'ici 2050.

COMPILATION D'ENGAGEMENTS

Cet objectif se limitait lui-même à une déclaration d'intention, formulée en l'absence d'un accord sur la prolongation du Protocole de Kyoto. Le traité a finalement été prolongé l'an dernier jusqu'en 2020, à l'occasion du sommet de Doha, mais en l'absence persistante des Etats-Unis et avec le retrait de la Russie, du Japon et du Canada.

Parmi les délégués qui seront présents à Varsovie, la majorité s'attend à ce que le futur accord se résume à une compilation d'engagements pris aux niveaux nationaux, et non à un traité fondé sur le droit international, dont la perspective ne cesse de s'éloigner depuis la conférence de Copenhague.

Les pays émergents, comme la Chine et l'Inde, qui ont besoin de charbon peu onéreux et très polluant pour développer leurs économies, sont peu enclins à mener la lutte contre le réchauffement climatique.

Confrontés à des récessions ou à un ralentissement de leur croissance, les principaux pays développés ont, eux, manifesté au cours des dernières années peu d'empressement à limiter les émissions de gaz à effet de serre.

On estime néanmoins auprès de l'Union européenne (UE) que la région pourrait économiser 35 milliards d'euros de coûts liés à la santé et gagner 0,5% de son produit intérieur brut (PIB) si des objectifs environnementaux pour 2030, actuellement discutés à la Commission de Bruxelles, étaient respectés.

Les Etats-Unis se sont de leur côté prononcés pour une approche souple, afin d'équilibrer le futur pacte en fonction des besoins de chaque pays, en leur permettant de déterminer eux-mêmes le rythme de réduction de leurs émissions plutôt que leur imposer un calendrier.

Avec Susanna Twidale à Londres, Agnieszka Barteczko à Varsovie, Tom Miles à Genève et Barbara Lewis à Bruxelles; Julien Dury pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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