Petroplus met en vente la raffinerie de Petit-Couronne

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PETROPLUS MET EN VENTE SA RAFFINERIE DE PETIT-COURONNE
PETROPLUS MET EN VENTE SA RAFFINERIE DE PETIT-COURONNE

PETIT-COURONNE, Seine-Maritime (Reuters) -

Le groupe suisse Petroplus a annoncé vendredi le lancement du processus de vente de sa raffinerie française de Petit-Couronne, près de Rouen (Seine-Maritime), en précisant qu'il continuait d'envisager "toutes les autres options".

A trois mois de l'élection présidentielle, le dossier a pris un tour politique en France, où le gouvernement assure qu'il fait le maximum pour maintenir l'activité.

L'opération s'annonce compliquée dans un contexte de diminution du nombre de raffineries en fonction, Petit-Couronne étant qui plus est considérée comme une des moins profitables de France par les experts du secteur.

Comme les autres raffineries françaises, le site qui emploie 550 salariés produit principalement de l'essence, alors que trois quarts des automobilistes français utilisent du diesel.

"Nous avons mené avec l'ensemble de la filière pétrolière, et un certain nombre de repreneurs potentiels, des contacts", a dit vendredi le ministre de l'Energie, Eric Besson.

"Je demande au PDG de Petroplus (...) qu'il nous aide à favoriser la reprise par un repreneur maintenant", a-t-il ajouté, sur RTL. "L'objectif du gouvernement, c'est clairement la reprise d'activité la plus rapide possible."

Eric Besson devait recevoir le PDG Jean-Paul Vettier vendredi après-midi et il verra les syndicats mardi.

"L'ambiance est plutôt bonne car la vente est la première étape qu'il fallait franchir", a déclaré une élue CGT de Petroplus. "Nous ne sommes pas déclarés en faillite, et ça c'est plutôt une bonne nouvelle. Apparemment, il pourrait y avoir plusieurs repreneurs intéressés."

ÉCHEC POUR LINDSEY, FERMETURE DE DUNKERQUE

La préoccupation principale de l'intersyndicale CGT, CFDT, CFE/CGC est aujourd'hui la recherche d'un successeur à Petroplus.

"Actuellement, il y a des dossiers de repreneurs, mais on ne veut pas se faire balader. Jusqu'à présent, on a été gentils. Si on voit qu'il n'y a rien, on va entendre la voix des Petroplus", dit Yvon Scornet, trésorier CGT du comité d'entreprise.

"Au moins maintenant, les choses sont claires", a déclaré de son côté Laurent Patinier, délégué CFDT de l'usine, lors de l'assemblée qui réunit chaque jour depuis le début du mois la plupart des 550 salariés.

Le secrétaire général du syndicat Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, s'est inquiété de la réduction de l'activité de raffinage en France. "Je crains que petit bout par petit bout, on n'ait plus de raffinerie dans notre pays ou qu'il en reste une ou deux", a-t-il dit sur LCI.

En raison des difficultés économiques, le secteur est passé de 12 raffineries en fonctionnement en France en 2010 à huit en 2012. Les raffineries fonctionnant normalement actuellement appartiennent pour cinq d'entre elles à Total, deux à Exxon Mobil et une à Ineos-PetroChina.

D'autres raffineries plus performantes que celle de Petit Couronne, comme la raffinerie Lindsey de Total en Grande-Bretagne, n'ont pas trouvé de repreneur au bout d'une mise en vente qui a duré deux ans. Le groupe français a interrompu la mise en vente fin 2011 en attendant un contexte plus propice.

Total avait annoncé la fermeture de sa raffinerie de Dunkerque en 2010 après avoir échoué à trouver un repreneur. Le groupe s'est par la suite engagé à ne fermer aucune autre de ses raffineries en France avant 2015.

Petroplus a précisé qu'il examinait également les "alternatives stratégiques" pour les raffineries d'Anvers et de Cressier (Suisse).

Début janvier, le groupe, qui a perdu 415 millions de dollars au cours des neuf premiers mois de son exercice 2011, avait annoncé la mise à l'arrêt de ces trois raffineries, provoquant la colère des syndicats.

Marc Parrad, avec Jean-Baptiste Vey et Muriel Boselli à Paris et Katie Reid à Zurich, édité par Gilles Trequesser

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  • M1961G le vendredi 20 jan 2012 à 16:01

    même pour un euro je n'en veux pas.

  • M3101717 le vendredi 20 jan 2012 à 10:16

    Et Sarko ? Il ne fait rien ???

  • M1736621 le vendredi 20 jan 2012 à 10:08

    Allez-y pour une grève, ça incitera les éventuels investisseurs.Même si àa redémarre, il y aura perte de personnel. Mais la CFDT et la CGT pourront agir...