Pétrole: un peu d'appréhension avant la réunion de Doha.

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(CercleFinance.com) - En vue de la très attendue réunion de Doha, prévue dimanche, l'appréhension des opérateurs pétroliers était palpable vendredi midi. A mi-séance en Europe, le baril de Brent de mer du Nord livrable en juin reculait de 1,7% à 43,1 dollars, le WTI américain de livraison mai perdant 2% à 40,7 dollars.

C'est en effet dans deux jours, ce dimanche 17 avril, que la capitale qatarienne accueillera les représentants de plusieurs grands Etats pétroliers : d'abord la grande majorité de ceux de l'Opep, l'Arabie saoudite et ses alliés du golfe arabo-persique en tête, mais aussi la Russie, grand producteur extérieur au cartel.

Le discussions porteront sur l'éventuelle généralisation des accords de gel de production conclus en début d'année - à des niveaux record, rappelons-le - par la Russie, l'Arabie saoudite, le Qatar et le Venezuela.

Le moins que l'on puisse dire est que le marché est plutôt confiant dans le fait qu'un nouvel accord général et contraignant sortira de cette réunion. Rappelons que le Brent était tombé, en janvier, sur les 27 dollars. Et que son rebond sur le semaine atteint toujours, à cette heure et malgré la baisse du jour, 8,5%.

Bien évidemment, à mesure que l'échéance se rapproche, la nervosité des opérateurs augmente. “Il faut bien reconnaître qu'il est difficile d'avoir des certitudes à propos de l'issue de la réunion de Doha”, écrit d'ailleurs Saxo Banque ce matin.

“L'optimisme affiché par le Qatar a permis une remontée des cours lors des dernières séances mais il est peut-être trompeur. Pour qu'un prix d'équilibre du marché soit atteint, il faut que l'Iran accepte le principe d'un gel de la production ce qui ne semble pas être le cas à court terme. Le fait que Téhéran n'envoie pas son ministre du pétrole, Bijan Zanganeh, à Doha mais seulement un représentant de rang protocolaire inférieur confirme que le pays ne va pas se joindre dans l'immédiat à cette démarche”, ajoutent les spécialistes.

Bref, si accord il y a à Doha, il pourrait ne pas être aussi solide qu'initialement prévu.

XTB France souligne un rapport récemment publié par l'Agence international de l'Energie (AIE) selon lequel dans la mesure où “l'Arabie saoudite et la Russie produisent déjà à des rythmes record ou presque et qu'il existe très peu de potentiel d'augmentation sinon en Iran, un accord éventuel n'aura pas d'impact significatif sur l'équilibre entre l'offre et la demande mondiale au premier semestre 2016”.

Une opinion qu'Oddo & Cie, qui n'attend pas de rééquilibrage du rapport offre/demande avant mi 2017, semble partager. A suivre.

EG

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