Pétrole-Ryad propose une réduction de la production, dit Moscou

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 (Actualisé avec déclarations d'un délégué du Golfe, citations, 
contexte) 
    par Darya Korsunskaya et Rania El Gamal 
    SAINT-PETERSBOURG, 28 janvier (Reuters) - La Russie a 
annoncé jeudi que l'Arabie saoudite avait proposé une réduction 
de la production mondiale de pétrole pouvant aller jusqu'à 5% 
dans ce qui serait le premier accord global entre les pays Opep 
et non-Opep en plus de dix ans, pour tenter de réduire les 
stocks surabondants et interrompre la chute des cours. 
    Le baril de Brent mer du Nord  LCOc1  a pris jusqu'à 8% à 
près de 36 dollars dans l'espoir d'un accord qui, s'il était mis 
en oeuvre, réduirait immédiatement l'excédent d'un million de 
barils par jour (bpj) qui pèse sur le marché mondial. Vers 
16h30, le Brent était retombé à 34 dollars, en hausse de 2,7%. 
    Dans son sillage, les actions liées au pétrole ont grimpé. 
En Europe, l'indice de l'énergie  .SXEP  gagnait 1,86% vers la 
clôture, seule hausse sectorielle de l'indice large Stoxx 600. 
    Le ministre russe de l'Energie, Alexander Novak, a déclaré 
que l'Arabie saoudite avait proposé de réduire la production de 
pétrole de chaque pays de jusqu'à 5%, ce qui, pour la Russie, 
premier producteur mondial, représenterait 500.000 de bpj.    
    "De fait, ces paramètres ont été proposés, de réduire la 
production de chaque pays de jusqu'à 5%," a-t-il dit. "Cela doit 
faire l'objet de discussions, il est trop tôt pour en parler."  
    Le ministre russe a également déclaré à la presse qu'une 
réunion était proposée entre les pays de l'Organisation des pays 
producteurs de pétrole et les pays non-Opep au niveau des 
ministres du pétrole, et que la Russie était prête à y 
participer. 
    "Il y a beaucoup de questions concernant le contrôle des 
réductions", a-t-il toutefois noté.     
    Le pétrole a plongé à un creux de 12 ans, autour de 27 
dollar le baril, ce mois-ci, après avoir atteint un pic de 115 
dollars il y 18 mois, à la suite d'un boom de la production de 
pétrole de schiste et de la décision de l'Opep de produire 
davantage pour conserver ses parts de marché. 
    Les répercussions de la chute du pétrole sont énormes : 
certains pays producteurs se voient forcés de dévaluer leur 
monnaie et le rouble russe a touché son plus bas historique. 
    La population a manifesté en Azerbaïdjan et les marchés 
restent nerveux, dans la crainte d'un défaut du Venezuela.     
    Les dirigeants saoudiens n'ont fait aucun commentaire dans 
l'immédiat, mais un délégué du Golfe a dit que les pays du Golfe 
membres de l'Opep et l'Arabie saoudite étaient disposés à 
coopérer à toute action pour stabiliser les cours du pétrole. 
    "Il faut prendre cela sérieusement. L'élément clé sera de 
voir si la Russie peut s'y atteler", dit Gary Ross, observateur 
de longue date de l'Opep et fondateur du groupe basé aux 
Etats-Unis Pira. 
    Brenda Kelly, responsable de l'analyse chez London Capital 
Group, juge pour sa part que les proposition de réduction ne 
devraient pas se concrétiser. 
    "Il y a eu des tentatives dans le passé qui n'ont rien 
donné. Parler des cours du pétrole et faire quelque chose sont 
deux choses bien différentes et on dirait bien une réaction de 
panique face à l'ampleur de la chute des cours." 
    L'Iran, engagé dans un processus d'augmentation de ses 
exportations à la suite de la levée des sanctions, parle de 
récupérer ses parts de marché, ce qui en fait un obstacle à tout 
accord entre producteurs. 
 
 (Darya Korsunskaya; Marc Angrand et Juliette Rouillon pour le 
service français, édité par Patrick Vignal) 
 

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