Pétrole-Pour l'AIE, l'Opep échouera à réduire le rôle des USA

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* La Russie vue comme le principal perdant de la baisse des cours * Le prix du baril ne retrouvera pas ses plus hauts, dit l'AIE * La demande de brut Opep augmenterait en 2016 avant de se stabiliser LONDRES, 10 février (Reuters) - Les Etats-Unis resteront le principal moteur de la croissance de l'offre mondiale de pétrole jusqu'en 2020 malgré la chute récente des cours du brut, a estimé mardi l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Dans son rapport sur les perspectives à moyen terme du marché pétrolier, elle estime que le baril de Brent, dont le prix est passé de plus de 115 dollars en juin à près de 45 dollars le mois dernier, son plus bas niveau en près de six ans, devrait se stabiliser à un niveau nettement inférieur aux plus hauts des trois dernières années. La chute du baril s'est accélérée après la décision en novembre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de maintenir sa production, le cartel privilégiant la préservation de ses parts de marché face à la concurrence de plus en plus vive du pétrole de schiste américain. "Le rééquilibrage du marché devrait s'effectuer relativement vite mais il sera comparativement limité dans son ampleur", explique l'AIE. "La correction des cours provoquera une pause dans le 'boom' de l'offre nord-américaine mais elle n'y mettra pas fin." La croissance de l'offre de brut léger américain devrait donc ralentir dans un premier temps avant de reprendre de l'élan, précise l'AIE, qui table sur une production de 5,2 millions de barils par jour (bpj) en 2020. L'agence est bien moins optimiste pour la Russie. "La Russie, confrontée à la conjonction parfaite de la chute des cours, des sanctions internationales et de la dépréciation de sa monnaie, sera probablement le principal perdant du secteur", résume le rapport de l'AIE, précisant que la production russe devrait diminuer de 560.000 bpj entre 2014 et 2020. La demande mondiale pour le brut de l'Opep, elle, devrait augmenter l'an prochain à 29,90 millions de bpj, contre 29,4 millions attendus cette année. D'autres sources prévoient que la baisse des prix et la réduction des investissements auront un impact plus marqué sur l'offre non-Opep. L'Opep elle-même, dans son rapport mensuel publié lundi, estime que la demande pour son pétrole sera plus forte qu'attendu initialement cette année, sa stratégie affectant d'autres producteurs. ID:nL5N0VJ34L L'AIE prévoit une accélération de la croissance de la demande mondiale de pétrole à 1,13 million de bpj en 2016 après 910.000 bpj en 2015. Mais elle ajoute que la baisse des prix aura un impact marginal sur la croissance de la demande au cours des années suivantes. "Les prévisions de croissance économique mondiale ont été plusieurs fois revues à la baisse au cours des six derniers mois en dépit de la forte baisse des cours, réduisant les prévisions de croissance de la demande de pétrole pour le reste de la décennie de 1,1 million de bpj", lit-on dans le rapport. (Alex Lawler, Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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