Pétrole-Nombre de projets susceptibles d'être reportés en 2015

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par Ron Bousso LONDRES, 4 décembre (Reuters) - Nombre de projets d'exploration de gaz et de pétrole, représentant plus de 150 milliards de dollars (121 milliards d'euros) devraient être mis en suspens l'année prochaine, la chute des cours du brut cessant de les rendre économiquement viables, selon des données d'un cabinet norvégien. Comme les grands champs pétroliers découverts il y a des décennies commencent à montrer des signes d'épuisement, les grandes "majors" s'efforcent de renouveler leurs réserves en tentant d'accéder à des champs plus difficiles à atteindre. En raison notamment de la cherté des nouvelles technologies nécessaire pour les atteindre, les coûts de production se sont envolés. Maintenant l'avenir de certains projets, aussi bien sur terre que sur mer, de la mer de Barents au golfe du Mexique, semble compromis avec un cours du pétrole qui a plongé de quelque 40% au cours des cinq derniers mois pour évoluer à moins de 70 dollars le baril. L'année prochaine, les compagnies pétrolières doivent prendre des décisions définitives d'investissement sur un total de 800 projets gaziers et pétroliers représentant 500 millions de dollars et près de 60 milliards de barils équivalent pétrole, estime le cabinet Rystad Energy. Mais avec un prix moyen du pétrole qui devrait, selon des analystes, s'établir à 82,50 dollars en 2015, environ un cinquième de ses projets, représentant un valeur un peu moins d'un tiers du total de 500 milliards, ne devrait pas être approuvé, selon Per Magnus Nysveen, chargé de l'analyse chez Rystad Energy. VERS UNE TENSION SUR L'OFFRE D'ICI LA FIN DE LA DÉCENNIE Parmi les projets susceptibles de ne pas être approuvés figure celui de Chevron CVX.N en mer du Nord, le North Sea Rosebank. "Le projet n'était pas jugé économiquement viable à un baril à 100 dollars, donc aux niveaux actuels des cours, il est évident qu'il ne passera pas", a déclaré Bertrand Hodée, analyste chez Raymond James. Il estime le coût du développement de Rosebank, déjà reporté depuis plusieurs années par Chevron, à quelque 10 milliards de dollars pour des réserves potentielles de 300 millions de barils. Statoil STL.OL a annoncé en début de semaine avoir reporté sa décision d'investir 5,74 milliards de dollars dans le champ Snorre, en mer de Norvège, en raison des risques pesant sur la rentabilité du projet. Total TOTF.PA a annoncé fin mai un ralentissement des travaux d'ingénierie sur le site de Joslyn, au Canada, un projet d'exploitation de sables bitumineux estimé à 11 milliards de dollars canadiens dont il cherche à réduire les coûts. ID:nL6N0OF4LJ En octobre, le directeur financier de Royal Dutch Shell RDSa.L avait dit que le géant pétrolier serait plus réticent à aller de l'avant dans ses projets non conventionnels au Canada si le baril de pétrole tombait sous les 80 dollars. Il faut généralement de quatre à cinq ans pour développer de nouveaux champs pétroliers et y investir des milliards de dollars avant d'en extraire la première goutte d'or noir. Si tous ces projets sont effectivement reportés, il pourrait y avoir des tensions du côté de l'offre vers la fin de la décennie. Le contraste entre l'abondance actuelle de l'offre, qui s'explique notamment par le boom du gaz de schiste en Amérique du Nord, et l'atonie de la demande est le facteur principal de l'effondrement des cours du pétrole depuis plusieurs mois. (Benoît Van Overstraeten pour le service français)


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