Pétrole-Les pays du Golfe parlent de nouveau d'action coordonnée

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    par Rania El Gamal et Shadia Nasralla 
    VIENNE, 1er juin (Reuters) - Les pays du Golfe membres de 
l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, dont l'Arabie 
saoudite, veulent relancer l'idée d'une action coordonnée en 
matière de production à l'occasion de la réunion ministérielle 
de l'Opep prévue jeudi à Vienne, a dit une source au sein de 
l'organisation. 
    Mais l'Iran, qui veut faire remonter le niveau de sa 
production à celui qui prévalait avant les sanctions 
internationales levées en début d'année, a réaffirmé son refuse 
de s'associer à une initiative de ce type.  
    "Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) souhaite une 
action coordonnée lors de la réunion", a dit la source, se 
référant à un groupement qui comprend l'Arabie saoudite, Oman, 
le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar. 
    Lors de la précédente réunion ministérielle, en décembre, 
l'Opep avait renoncé à mettre en place le moindre plafond en 
termes de production, autorisant de fait ses membres à continuer 
d'inonder de brut un marché déjà saturé. 
    Cette décision avait précipité la chute des cours du brut, 
tombé à leur plus bas niveau depuis plus de 12 ans en début 
d'année, à 27 dollars le baril pour le Brent en janvier et 26,05 
dollars pour le brut léger américain alors qu'ils évoluaient 
encore à plus de 100 dollars mi-2014. 
    Depuis, l'or noir a connu une vive remontée à la faveur 
notamment des espoirs, aujourd'hui douchés, d'un gel de la 
production et, plus récemment, d'une série de perturbations du 
côté de l'offre qui ont quelque peu rééquilibré le marché. 
    La reprise des cours fait d'ailleurs dire à la plupart des 
spécialistes du secteur que l'Opep devrait prolonger jeudi le 
statu quo en matière de production.  
    Cette perspective contribuait mercredi à la baisse de plus 
de 1% des cours du pétrole, à 49,20 dollars pour le Brent vers 
11h00 GMT et 48,44 dollars pour le brut léger américain. 
     
    UN NIGÉRIAN FAVORI POUR LE SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DE L'OPEP 
    Les tensions entre l'Arabie saoudite et l'Iran, dont la 
rivalité va bien au-delà du seul sujet du pétrole, ont empêché 
en avril la conclusion du premier accord en 15 ans entre l'Opep 
et des pays non-Opep sur un gel des niveaux de production. 
    "L'Iran soutient les efforts de l'Opep visant à favoriser la 
stabilité sur le marché pétrolier avec des prix équitables et 
logiques, mais le pays ne s'engagera pas à s'associer à la 
moindre forme de gel de la production", a dit Mehdi Asali, 
représentant de l'Iran au sein de l'Opep, cité par Shana, 
l'agence du ministère du Pétrole iranien. 
    Avant lui, Bijan Zanganeh, le ministre du Pétrole iranien, 
avait souligné juste avant de s'envoler pour Vienne que la 
multiplication par deux des exportations du pétrole du pays ces 
derniers mois n'avait eu aucun effet néfaste sur le marché. 
    "Les exportations de pétrole iraniennes ont doublé entre la 
168e et la 169e réunion de l'Opep. Cette augmentation n'a pas eu 
d'effet négatif sur le marché et a été absorbée par le marché", 
a-t-il dit, cité par l'agence Shana. 
    Selon l'agence de presse koweïtienne Kuna, Anas al Salah, 
ministre du Pétrole par intérim du Koweït, a déclaré s'attendre 
à un accord entre les ministres du Pétrole de l'Opep sur le nom 
du nouveau secrétaire général de l'organisation. 
    Mohammed Barkindo, un technocrate du secteur pétrolier 
nigérian, est considéré comme le favori pour le poste et sa 
nomination serait le fruit d'un rare compromis au sein d'une 
organisation minée par la montée des tensions entre l'Arabie 
saoudite et l'Iran. 
     
 
 (Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par 
Marc Angrand) 
 
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