Pétrole: le brut malmené par Al-Naimi et les stocks.

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(CercleFinance.com) - La volatilité ne se dément pas sur les marchés pétroliers, à la différence des espoirs suscités ces derniers jours par l'annonce de 'gels' de leurs productions par certains pays. Ce midi en Europe, le baril de Brent de mer du Nord livrable en avril 2016 corrigeait de 2,4% à 32,5 dollars, le WTI américain de même livraison perdant 3,7% à 30,7 dollars.

En effet, les opérateurs pétroliers avaient placé de grands espoirs dans le plafonnement (à un niveau record) de leurs productions respectives par plusieurs grands pays de l'or noir, dont la Russie (hors de l'Opep), mais aussi l'Arabie saoudite, le Qatar, le Venezuela, etc. Ce qui a suffit, initialement, à susciter un certain optimisme quant à une éventuelle meilleure discipline de l'offre.

On a cependant noté que l'Iran, tout en se félicitant de cette initiative, n'entendait aucunement s'y associer. Et pour cause : avec la levée des sanctions internationales, Téhéran relance activement sa production à fin d'exportation de pétrole et n'entend certainement pas renoncer aux devises qu'il peut en retirer.

Puis l'Arabie saoudite, principal membre du cartel de l'Opep, est venu rappeler que si un plafond a bien été évoqué, il n'est pas en revanche question de réduire ses extractions.

Pire : à Houston, dans le cadre de la conférence annuelle IHS CERAWeek consacrée au secteur pétrolier nord-américain, le ministre du Pétrole saoudien, Ali Al-Naimi, sorte de banquier central de l'or noir, a réfuté l'hypothèse d'une réduction de production, puisqu'il n'a guère confiance dans les autres pays pour en faire autant.

M. Al-Naimi a même déclaré que les acteurs pétroliers à prix de revient élevé n'avaient qu'à 'réduire leurs coûts, emprunter, ou choisir la liquidation.' 'Cela peut sembler dur, et malheureusement tel est le cas, mais c'est la manière la plus efficace de rééquilibrer le marché', a-t-il déclaré, cité par l'agence Bloomberg.

Un message inquiétant pour les acteurs américains des pétroles non conventionnels, pour la plupart endettés, et dont le finances sont mises à mal par la chute des cours du brut.

Plus près de nous, l'EIA américaine fera tout à l'heure le point sur les stocks pétroliers hebdomadaires, attendus par le consensus en hausse de 3,4 millions de barils. Or la semaine précédente, à plus de 504 millions de barils en valeur absolue, ils ont déjà atteint un record depuis que la statistique hebdomadaire est publiée, en août 1982.

EG

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