Pétrole-L'AIE attend peu d'impact d'un gel de la production

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    par Dmitry Zhdannikov 
    LONDRES, 14 avril (Reuters) - Un accord sur le gel de la 
production pétrolière entre pays de l'Opep et hors Opep aura un 
impact limité sur l'offre mondiale et les marchés ne devraient 
pas retrouver leur équilibre avant 2017, estime l'Agence 
internationale de l'Energie (AIE). 
    Dans son rapport mensuel publié jeudi, l'AIE ajoute que même 
si la baisse de la production s'accélère aux Etats-Unis et que 
l'Iran n'augmente pas sa production autant que prévu, le monde 
continuera à produire plus qu'il ne consomme en 2016. 
    Les cours du pétrole se sont effondrés depuis la mi-2014, 
passant d'un sommet de 115 dollars à un plancher de 27 dollars 
le baril, en raison d'un boom de la production de l'Organisation 
des Pays exportateurs de Pétrole (Opep) et des Etats-Unis. 
    Les cours sont remontés récemment autour de 40 dollars avec 
une baisse accélérée de la production américaine et en 
perspective d'une réunion entre producteurs dans et hors Opep 
qui doit se tenir dimanche à Doha et qui pourrait déboucher sur 
un plan de gel de la production mondiale. 
    "S'il doit y avoir un gel de la production, plutôt d'une 
réduction, l'impact sur l'offre physique sera limitée", dit 
l'AIE dans son rapport. 
    "Sachant que l'Arabie saoudite et la Russie produisent déjà 
à des rythmes record ou presque et qu'il existe très peu de 
potentiel d'augmentation sinon en Iran, un accord éventuel 
n'aura pas d'impact significatif sur l'équilibre entre l'offre 
et la demande mondiale au premier semestre 2016", ajoute l'AIE. 
    Des stocks record ont été constitués dans l'année qui vient 
de s'écouler, de plus de trois milliards de barils, en raison de 
la surabondance de l'offre. L'AIE s'attend, comme en mars, à ce 
que les stocks augmentent de 1,5 million de barils par jour 
(bpj) au premier semestre, puis de 0,2 million au second. 
 
    L'INDE COMME MOTEUR DE CROISSANCE 
    L'AIE, qui doit publier ses prévisions de 2017 en juin, a 
légèrement abaissé son estimation de croissance de la demande 
mondiale en 2016, par rapport au mois dernier, à 1,16 million de 
bpj, en net repli par rapport à la croissance de 1,8 million de 
bpj en 2015, à la suite de la baisse des cours du brut.  
    L'agence précise que la demande ralentit en Chine, aux 
Etats-Unis et dans une bonne partie de l'Europe.  
    "L'Inde pourrait remplacer la Chine comme principal moteur 
de la croissance de la demande", écrit l'AIE, qui estime la 
croissance de la demande du sous-continent à 300.000 bpj, un 
record. 
    "Les réformes apportées à la réglementation qui permettent 
aux raffineurs d'importer directement du pétrole brut 
s'inscrivent dans la tendance générale à la libéralisation, qui 
devrait soutenir la dynamique de croissance en Inde."  
    Du côté de l'offre, l'AIE s'attend à ce que la production 
des pays hors Opep diminue d'environ 700.000 bpj en 2016, sans 
grand changement par rapport au mois dernier. 
     "Il y a des signes que la baisse de la production de 
pétrole de schiste aux Etats-Unis s'accélère. Début avril, le 
nombre de puits était retombé de près de 80% par rapport à son 
pic d'octobre 2014 et on voit apparaître de nouvelles preuves 
des difficultés financières auxquelles sont confrontés les 
pionniers (du gaz et du pétrole) de schiste." 
    Parallèlement, le retour de l'Iran sur le marché a été plus 
mesuré que certains ne l'attendaient après la levée des 
sanctions en janvier, même si la production de mars était en 
hausse de près de 400.000 bpj par rapport au début de l'année. 
 
 (Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 
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