Pétrole: des discours plus fermes soutiennent les barils.

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(CercleFinance.com) - Jeudi midi sur le Vieux Continent, la tendance restait positive pour le cours du brut, soutenu par le ton un peu plus ferme adopté par de grands pays producteurs. A cette heure, le baril de Brent de mer du Nord livrable en avril 2016 gagnait près de 2% à 35,2 dollars, le WTI américain de livraison mars prenant 2,9% à 31,6 dollars.

Schématiquement, depuis la seconde moitié de l'année 2014 et tout spécialement en novembre, l'Opep, emmenée par son “leader” l'Arabie saoudite, a adopté une politique dite de défense de ses parts de marché. Grosso modo, elle a augmenté les quantités extraites et baissé les prix afin de lutter contre la concurrence. S'ils n'ont jamais été nommément visés, les producteurs américains d'hydrocarbures de schiste, en plein “boom” ces dernières années (ce qui constitue une concurrence nouvelle), étaient vraisemblablement dans le collimateur saoudien. Par la suite, l'offre globale de brut a progressé plus rapidement que la demande, et les prix en ont souffert.

A ce jour, les extractions américaines ont cessé d'augmenter, et elles refluent même un peu depuis leur sommet atteint en juin dernier. De plus, avec l'effet retard induit par les couvertures, les difficultés financières de sociétés américaines spécialisées dans le gaz et le pétrole de schiste vont croissant, par exemple celles de Chesapeake Energy, numéro 2 américain du gaz de schiste. Financées le plus souvent par endettement, elles dépendent de cours du pétrole élevés pour faire face à leurs échéances. Or les 100 dollars le baril paraissent plus loin que jamais. On est tenté d'en déduire que la stratégie saoudienne commence à fonctionner.

Ce qui permet donc au cartel d'envisager une autre politique, plus restrictive, à l'image de l'accord Arabie saoudite/Qatar/Venezuela/Russie (hors Opep dans ce dernier cas) annoncé cette semaine. Il vise à fixer le niveau de production de janvier (presque un record...) comme plafond, ce qui correspond à une opération coordonnée de restriction, quoi que sur de hauts niveaux.

Notons que l'Iran, membre de l'Opep qui est en train de revenir sur le marché export et ré-augmente rapidement sa production après la levée des sanctions, a fait savoir qu'il ne participerait pas à ce mouvement.

Reste que le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zangeneh, a bien accueilli l'initiative en déclarant qu'il soutenait la coopération entre des membres de l'Opep et des producteurs extérieurs au cartel. Ce qui n'allait pas de soi, étant donné la forte rivalité géopolitique opposant Téhéran à Riyad d'une manière générale, et militairement au Yémen et en Syrie.

Les analystes Matières premières de Commerzbank se veulent cependant prudents : 'on peut toutefois se demander si l'Arabie saoudite se sentira obligée de s'en tenir à l'accord si l'Iran n'en est pas partie prenante'. A suivre.

EG

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