Pétrole à 50 dollars : les experts sont divisés sur la solidité du rebond

le
7

Les cours du pétrole sont revenus à 50 dollars/baril grâce au sentiment de rééquilibrage entre l'offre et la demande au niveau mondial. Mais ce rééquilibrage est-il durable ?
Les cours du pétrole sont revenus à 50 dollars/baril grâce au sentiment de rééquilibrage entre l'offre et la demande au niveau mondial. Mais ce rééquilibrage est-il durable ?

Le pétrole a momentanément rejoint le niveau des 50 dollars/baril jeudi 26 mai, aussi bien pour le Brent européen que pour le WTI américain. Les 26-27 dollars/baril atteints en janvier-février semblent désormais un vieux souvenir. Pour la banque Neuflize OBC, ce rebond est « solide ».

Après sa chute vertigineuse de plus de 70% en 18 mois, le pétrole n’en finit plus de rebondir. Le 11 février dernier, les prix du pétrole WTI étaient en chute de 25% depuis le début de l’année ; désormais la tendance est totalement inversée, avec des prix en hausse de 36% depuis le début de l’année. Entre leur point bas de février et leur niveau actuel, les prix de l’or noir ont presque doublé.

Les fondamentaux du marché ont peu évolué…

L’ampleur de ce retournement de tendance, qui a bénéficié par ricochet à l’ensemble des marchés actions, reste surprenante lorsque l’on constate en parallèle le peu d’évolutions fondamentales qu’a connu le marché du pétrole au cours des trois derniers mois.

L’Arabie Saoudite, et plus généralement l’Opep, continue d’extraire des quantités record de pétrole de son sous-sol puisqu’aucun gel de la production n’a été convenu lors du sommet d’avril à Doha. Depuis l'échec de cette réunion, les discussions n'ont pas avancé sur le sujet.

Par ailleurs, certaines raisons avancées au cours des derniers mois pour expliquer la bonne tenue des cours de l’or noir ne sont pas convaincantes à long terme, qu’il s’agisse des éphémères grèves dans le secteur pétrolier au Koweït, des incendies au Canada ayant provoqué une baisse de la production dans le pays, ou encore de certains sabotages au Nigéria ou des difficultés au Venezuela. Malgré leur impact à court terme sur les prix, ces événements ne participent pas à une véritable modification des fondamentaux du marché.

…Mais la production de pétrole ralentit aux Etats-Unis

En revanche, aux Etats-Unis, la production de pétrole connaît une légère décrue, à 8,8 millions de barils/jour la semaine dernière contre 9,6 Mb/j lors des sommets atteints en juin 2015, rapportait vendredi le journal Les Echos. La semaine dernière, la production américaine a enregistré une onzième semaine consécutive de lente décrue.

Sans changer drastiquement les conditions de l’offre et de la demande à l’échelle mondiale, cette diminution reste significative et alimente l’idée selon laquelle les excès d’offre de pétrole observés tout au long de l’année 2015 et en début d’année 2016 sont en train de se réduire.

La modération de la production américaine se retrouve également depuis quelques semaines dans l’évolution des stocks de pétrole brut américains. La semaine dernière, ces stocks ont diminué de 4,2 millions de barils, et l’évolution des stocks est globalement neutre depuis un mois. Cette tendance contraste avec les hausses de stocks régulièrement enregistrées entre janvier et avril 2016, et avant cela en 2015.

À cela s’ajoute la révision à la hausse des estimations de la demande mondiale de pétrole en 2016 : les experts s'attendent désormais à une hausse de la consommation de +1,4 million de baril/jour en 2016 par rapport à 2015, contre +1,2 Mb/j prévu précédemment, souligne également Les Echos.

Rebond « solide » pour certains, éphémère pour d’autres

« Ce rebond [du pétrole] nous semble solide » commente pour sa part la banque Neuflize OBC dans une note d’analyse diffusée jeudi soir, considérant que le marché du pétrole est en train de se rééquilibrer après plusieurs mois d’excès d’offre.

Pour cette raison, l’établissement estime qu’en bourse, les compagnies pétrolières « pourraient profiter d’un regain d’intérêt durable » du fait que « le secteur pétrolier montre des signes de renouveau ».

Pourtant, dans son édition de vendredi, le journal Les Echos affirme pour sa part que « les experts restent dubitatifs sur le maintien à court terme des cours à ce niveau ».

En cause : toujours ce sentiment que les prix ont été tirés trop vite vers le haut par les événements de court terme au Canada, au Venezuela ou au Nigéria.

« Toute la question est maintenant de savoir si ces interruptions [de productions dans les pays mentionnés] vont durer et accélérer le rééquilibrage du marché, ou si à l’inverse la production va repartir et provoquer une rechute des prix » résume Anne Feitz des Echos, avant d’ajouter : « le redémarrage des installations au Canada et dans certains endroits du Nigéria pourrait peser sur les cours dans les prochaines semaines ».

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • pi.arnau il y a 6 mois

    c est drôle le nombre de mecs auto-proclamés experts ????

  • Growjons il y a 7 mois

    un barril à 50 : faire la photo ! car on passer sous les 20 $ d'ici peu. Surabondance de l'offre, recession mondiale en vue ....

  • jcbeg il y a 7 mois

    on obtient comment le titre d'expert????

  • cletell3 il y a 7 mois

    les experts de quoi des magouilles qui pourrissent les marchés depuis des années tous dehors

  • fquiroga il y a 7 mois

    les experts sont unanimes.....dans leurs conclusions opposées.....il y en aura toujours quelques uns qui auiront raison.......

  • cacous il y a 7 mois

    Ceux qui se disent EXPERTS n'arrivent même pas à expliquer le passé..... Alors pour le futur.....

  • ECP1988 il y a 7 mois

    Les experts ne seront plus divisés lorsque il sera revenu au dessus de 150 .