Pétrole: 2015, nouvelle année noire pour les barils.

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(CercleFinance.com) - 2015 s'annonce comme une nouvelle année de forte baisse pour le cours du Brent qui, après avoir perdu près de la moitié de sa valeur en 2014, devrait en abandonner encore le tiers cette année. Les 110 dollars en vigueur jusqu'à mi-2014 paraissent bien loin. Par ailleurs, cette fin d'année est aussi marquée par la convergence du Brent et de son homologue américain, le WTI.

Pour l'heure, en matinée de ce 31 décembre 2015, le contrat sur le baril de Brent de mer du Nord livrable en février 2016 grappillait 0,5% à 36,66 dollars, le WTI américain de même échéance gagnant 0,3% à 36,71 dollars.

Un an plus tôt, à pareille heure, la prochaine échéance du Brent cotait 56,5 dollars et le WTI 53,3 dollars.

En effet, fin novembre 2014, l'Arabie saoudite, premier membre de l'Opep par sa production (environ 10 millions de barils/jour contre plus de 30 millions de barils/jour pour le cartel dans son ensemble, chiffre qui concentre environ 40% de l'offre mondiale), a officiellement annoncé un changement de braquet : face à la montée en puissance de pays producteurs extérieurs à l'Opep, dont les Etats-Unis, Riyad a alors cessé de viser un “objectif de cours” d'environ 100 dollars le baril, comme tel était le cas depuis trois ans environ..

A partir de cette date, l'Arabie saoudite a donné la priorité à la défense de sa part de marché, incitant les autres membres de l'Opep à en faire autant, bon gré mal gré. En effet, Riyad peut se prévaloir d'un coût de production “technique” bas ( sans tenir compte des libéralités budgétaires accordés à ses ressortissants). Mais d'autres pays, comme le Venezuela, ne peuvent en dire autant.

Quoi qu'il en soit, cette politique de hausse des volumes en cassant les prix est le principal facteur de la chute des cours du pétrole depuis lors. L'Opep en a rajouté une couche début décembre 2015, en supprimant purement et simplement des quotas de production (déjà dépassés dans les faits) de 30 millions de barils/jour. Et ce alors que l'éventuel retour de l'Iran sur la scène internationale s'accompagnera probablement, en 2016, d'une levée des sanctions et donc d'une hausse des exportations de brut de Téhéran. Bref, l'offre ne manque pas et elle augmente plus vite que la demande.

L'Arabie saoudite accorde cependant d'importants avantages à ses ressortissants, ce qui induit un coût de revient “budgétaire” de son pétrole nettement plus élevé que son coût d'extraction technique. D'où la présentation d'un budget 2016 très fortement déficitaire par Riyad et l'annonce de toute une série de mesures d'austérité passant notamment par moins de subventions et/ou plus de taxes, des privatisations, etc. Si le matelas de cash accumulé par Riyad lui permet de tenir plusieurs années, il n'en commence pas moins à s'épuiser et le pays peine à “tenir” face à la faiblesse actuelle des cours du pétrole.

Mais pour l'instant, Riyad maintient le cap. “Le ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Naimi, a déclaré que son pays n'entendait pas limiter sa production et qu'il pouvait répondre à une augmentation de la demande”, rappellent ce matin les analystes de Barclays Bourse

Autre changement clé en vue sur les marchés pétroliers, plutôt pour 2016 : Washington semble préparer la fin de l''embargo' inversé qui, pour des raisons stratégiques, interdisait l'exportation de pétrole brut des Etats-Unis depuis le milieu des années 70.

Une bonne nouvelle pour l'équilibre du marché local : si elle était inférieure à 5 millions de barils/jour fin 2008, la production américaine de brut (quasi-impossible à exporter) a été dopée depuis lors par le succès des “bruts” non conventionnels. Elle atteint à ce jour 9,2 millions de barils/jour, et la demande intérieure peine à l'absorber.

De ce fait, les stocks commerciaux s'accumulent dans les réservoirs des Etats-Unis : ils ont augmenté la semaine passée de 2,6 millions de barils à 487,4 millions d'unités. Un chiffre quasi-record supérieur de plus de 100 millions de barils à ce qu'il était fin 2014. Selon l'Agence internationale de l'Energie, le 11 décembre dernier, les stocks américains étaient remplis à hauteur de 70% de leurs capacités.

EG

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