Petits arrangements entre ennemis

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Petits arrangements entre ennemis
Petits arrangements entre ennemis

C'est l'un des plus gros scandales du sport anglais. Le 2 avril 1915, Manchester United sauvait sa tête dans l'élite en battant Liverpool (2-0) à la stupéfaction d'Old Trafford. Car derrière la victoire se cachait un arrangement entre adversaires, amis et néo-parieurs. Le théâtre de la honte.

C'est l'histoire d'une rencontre. D'une rencontre sportive et humaine. Un jour de fête entre voisins distants de seulement 55 kilomètres. À cette époque, le foot n'est pas encore un centre de haine. Bill Shankly n'a même pas deux ans, le hooliganisme n'existe pas encore, et le rideau de fer entre Liverpool et Manchester n'a pas encore été tiré. C'était il y a un siècle. Un jour d'avril 1915, un Vendredi saint où Old Trafford ne sait pas encore qu'il s'apprête à assister à l'un des plus gros scandales de l'histoire du sport mondial.

Nous sommes le 2 avril 1915, Manchester United reçoit Liverpool. 18 000 personnes se massent dans ce qui deviendra plus tard, selon la formule de Sir Bobby Charlton, le "Théâtre des Rêves". Dans vingt-deux jours, l'enceinte doit accueillir la finale de la FA Cup qui verra Sheffield United balayer Chelsea (3-0). Mais aujourd'hui, United doit sauver sa tête face au Liverpool de Tom Watson dans un championnat où les joueurs de Manchester luttent avec Chelsea, Tottenham et Bolton pour ne pas descendre. Les règles sont claires : le dernier du championnat sera relégué.

Anderson, buteur contrarié


Tout le monde le sait, et tous les joueurs l'ont rapidement compris. La guerre a commencé, et la saison en cours pourrait bien être la dernière de leur vie. Le dernier but, le dernier sourire, le dernier exploit. Certains ont même déjà signé leur engagement avec l'armée britannique. Lors de l'été 1914, Manchester United a recruté le défenseur central Patrick O'Connell. Sur un coup de tête et une folie pour l'époque estimée à 10 000 livres. La tête brûlée irlandaise est une star à Manchester et deviendra même rapidement le premier capitaine étranger de l'histoire du club. Reste que quelques années plus tôt, O'Connell a été clair avec ses parents : "Je vous écris pour vous dire que je ne suis pas un traître. Les Anglais ont acheté le footballeur, pas mes convictions. (…) Je n'aime pas leurs manières, mais j'adore leur argent !" Suite d'une enfance passée à Dublin, bercée dans les bras de parents nationalistes. De son côté, Liverpool a recruté quelques mois auparavant Jackie Sheldon à Manchester United. Le joueur de foot est un phénomène, mais aussi un homme avec des idées. Et des ficelles.








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