"Petite musique de campagne" à gauche, en attendant Hollande

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    * Valls, Vallaud-Belkacem, Urvoas lancent des idées 
post-2017 
    * Hollande veut s'exprimer "à distance du débat politicien" 
    * Boîte à idées ouverte en attendant la décision du 
président 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 23 septembre (Reuters) - Les choses s'organisent par 
petites touches au Parti socialiste pour les élections 
présidentielle et législatives du printemps 2017, sans attendre 
la décision finale de François Hollande quant à une nouvelle 
candidature, à la fin de l'année. 
    Après le temps du bilan sur fond de "ça va mieux", étayé 
vendredi par les bons chiffres du budget de la Sécurité sociale 
 ,  vient celui des projets à long terme sur des 
thèmes aussi clivants que possible avec la droite, plongée dans 
le bain de sa primaire interne de la fin novembre. 
    Sur ce terrain, Manuel Valls est en première ligne. Prenant 
le contre-pied du discours de droite ciblant les "assistés", le 
Premier ministre a relancé la semaine dernière l'idée d'un 
"revenu universel", allocation unique ouverte à tous, à partir 
de 18 ans, pour remplacer la dizaine de minima sociaux existant. 
  
    Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, s'est lui 
aussi projeté dans l'avenir en anticipant la construction de 
10.000 et 16.000 cellules d'ici 2025.       
    Dans l'éducation, thème de gauche par excellence, la 
ministre Najat Vallaud-Belkacem met sur le métier un ouvrage 
d'envergure : l'école obligatoire de trois à 18 ans. 
    "Ce n'est pas une proposition du candidat François Hollande, 
c'est une proposition que j'ai mise dans le débat public", 
expliquait jeudi sur RMC et BFM TV celle que l'on présente déjà 
comme la future directrice de campagne du président-candidat. 
     
    DISCOURS SUR LA DÉMOCRATIE LE 6 OCTOBRE  
    L'intéressée a démenti.  
    "En revanche, vous pouvez dire que je serai très impliquée 
dans la campagne présidentielle qui viendra", a dit la jeune 
ministre, qui doit son envolée politique à François Hollande. 
    Centrée sur l'électorat de gauche, l'idée d'une scolarité 
prolongée fait partie de ce qu'un proche du président décrit 
comme "de la petite musique de campagne". 
    Un refrain entonné par le président lui-même dans son 
discours du 8 septembre à Paris, où il a attaqué de front une 
droite accusée de vouloir abaisser la démocratie et liquider le 
modèle social français.   
    François Hollande s'exprimera la semaine prochaine sur les 
thèmes de la recherche et de l'enseignement supérieur, puis sur 
la démocratie le 6 octobre à l'hôtel de Lassay, à l'invitation 
du président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone. 
    Si la réforme des institutions est évoquée comme l'un des 
thèmes potentiellement importants de la campagne, le président 
se pose plus facilement en garant de l'Etat de droit qu'en 
rénovateur téméraire.      
    "Il faudrait diminuer drastiquement le nombre de 
parlementaires, mieux représenter les différents courants 
politiques, favoriser le référendum. Mais sur ces sujets, 
François Hollande, pur produit de la Ve République, est d'une 
prudence de sioux", commente un ami de longue date.  
    L'automne présidentiel sera jalonné de discours thématiques, 
de longs entretiens dans les médias et d'une grande conférence 
de presse qui reste à confirmer.  
     
    "NOUVEAUX AXES" POUR UNE "ÉVENTUELLE CAMPAGNE" 
    "En plein dans le débat politique et à distance du débat 
politicien", résume un autre proche, qui prédit des 
interventions sur l'Europe, l'égalité ou encore l'environnement. 
    Il décrit ainsi l'état d'esprit à l'Elysée : "Le président a 
décidé qu'il prendrait sa décision au début du mois de décembre. 
En revanche, le message qu'il a fait passer à ses proches, c'est 
que quand il prendrait sa décision, tout devrait être prêt pour 
une éventuelle campagne." 
    Malgré le boulet de l'impopularité et des candidatures 
hostiles à son égard qui fleurissent à gauche, François Hollande 
imagine une candidature "pas seulement sur un bilan, pas sur une 
évaluation de tel ou tel sondage mais sur une capacité de 
proposer de nouveaux axes", ajoute ce même ami.   
    Un "visiteur du soir" du chef de l'Etat appelle quant à lui 
de ses voeux une "réflexion sur la manière de faire évoluer la 
politique et la République. Une évolution plus qu'une rupture".  
    Cet élu voit Ségolène Royal, mère des enfants de François 
Hollande, ex-candidate à la présidentielle en 2007 et actuelle 
ministre de l'Environnement, comme un personnage "central" de la 
bataille à venir aux côtés du président.  
    "Elle a l'ingénierie politique, elle sent les choses, elle 
va l'aider. Et en plus il la croira plus que nous !", sourit-il. 
"Ils se connaissent par coeur, et elle a l'expérience d'un 
second tour contre Nicolas Sarkozy..." 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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