Petite finale : Bronze mélancolique

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Petite finale : Bronze mélancolique
Petite finale : Bronze mélancolique

Après la cruelle défaite face à l'Espagne en demi-finales, l'équipe de France a relevé la tête dimanche pour s'offrir une médaille de bronze teintée de nostalgie. Les Bleus ont battu, à l'orgueil, la Serbie (81-68) pour monter sur un podium chargé d'émotion.

Il fallait remettre les têtes à l’endroit après la grosse désillusion face aux diables espagnols. Dans un match pour la troisième place qui avait pourtant des airs de grande finale, il fallait être fort pour se reconcentrer 48 heures après le cauchemar et offrir aux cadres de l’équipe, comme au public, une nouvelle médaille, la quatrième sur les cinq dernières compétitions internationales (or Euro 2013, argent Euro 2011, bronze Euro 2015 et bronze Coupe du monde 2014), la neuvième dans un Euro, la sixième en bronze.

Le match commence d’ailleurs sur un faux rythme pour les deux sélections, évidemment déçues de se défier seulement dans cette petite finale. Et comme toujours dans cet Euro, Nando De Colo (20pts) lance les hostilités. Les Serbes paraissent empruntés, leur collectif est décousu mais leur défense fait le travail. Les Bleus, eux, ont appris de leurs erreurs en mettant en place un jeu bien plus collectif que lors de la demi-finale. Tony Parker, sous les yeux de son jeune fils Josh (16 mois), présent dans les tribunes, est toujours en délicatesse avec son shoot mais impose plus de changements de rythme à ses adversaires. La Serbie reste sur son fonds de commerce et trouve des positions ouvertes. Bogdan Bogdanovic enfile les paniers, Markovic plante deux banderilles à l’extérieur, tout comme Bjelica, et la Serbie passe devant. Tony Parker, qui a sans doute joué son dernier match avec le maillot bleu dans son pays, harangue alors ses coéquipiers et l’entrée de Charles Kahudi coïncide, comme souvent, avec une intensité défensive retrouvée. De quoi regretter de ne pas l’avoir vu face à l’Espagne ? Peut-être. Toujours est-il que la France se créé un premier écart et rentre aux vestiaires avec cinq points d’avance (37-32).

A nos actes manqués

Comme face à la Roja deux jours plus tôt (même si ce ne fut pas suffisant), les Bleus font la différence dans le troisième quart. Les Serbes ne trouvent aucun point de fixation à l’intérieur. Forcément cela devient plus dur pour ressortir à trois points. Et quand ils y parviennent, les hommes de Djordjevic ratent la vache dans le couloir. Les Français intensifient leur défense et poussent les contre-attaques. L’euphorie monte d’un cran dans un stade Pierre-Mauroy qui veut exorciser le jeudi noir. L’écart grimpe jusqu’à +16 à une minute de la fin du troisième quart-temps. Le match ne basculera pas.

La Serbie décide donc de jouer ses premières possessions du quatrième sur Raduljica mais la maladresse l’empêche de recoller au score. La France est déterminée à finir sur une bonne note. Gobert (14pts, 15rbds) et Fournier (15pts, record en sélection) montrent les dents pour conserver l’écart et croquer la médaille. Les Bleus montent sur le podium, salués par une Marseillaise reprise en cœur par les 24092 spectateurs, dans une ambiance mêlée d’émotion et de regrets. Entre fierté retrouvée et nostalgie d’un acte manqué.

Maxime HABERT

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