Perspectives prudentes des assureurs vis-à-vis de l'Iran

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    par Bernardo Vizcaino et Carolyn Cohn 
    SYDNEY/LONDRES, 24 janvier (Reuters) - Les assureurs 
internationaux s'intéressent beaucoup à l'Iran, à la suite de la 
levée des sanctions internationales touchant le pays, et ils 
pourraient manifester leurs intentions dès le mois de mars, 
lorsque certaines sociétés iraniennes solliciteront un 
renouvellement de leurs polices. 
    Assureurs, réassureurs et courtiers veulent exploiter un 
marché représentant 7,4 milliards de dollars (6,85 milliards 
d'euros) de primes, l'accord sur le nucléaire passé entre 
Téhéran et les grandes puissances occidentales ayant débouché 
sur la levée de l'encadrement des transactions financières avec 
l'Iran ce mois-ci. 
    Allianz  ALVG.DE , Zurich  ZURN.VX , Hannover Re  HNRGn.DE  
et RSA  RSA.L , entre autres, ont fait savoir ces derniers jours 
qu'ils évaluaient les possibilités offertes par l'Iran.  
    De l'avis des experts, les secteurs maritime et de l'énergie 
sont les plus prometteurs. L'assurance-vie également dans la 
mesure où elle représente moins du dixième de toutes les primes 
payées en Iran contre plus de la moitié au niveau mondial. 
    Il est probable que dans un premier temps les assureurs 
internationaux s'allieront à des sociétés iraniennes pour 
profiter de leur expérience locale et pour réassurer les 
assureurs locaux sur le marché international, ajoutent les 
experts, les courtiers les aidant à ces fins. 
    Les assureurs américains ne pourront pas en profiter car il 
leur est encore interdit de faire des affaires en Iran en raison 
de sanctions nationales qui restent en vigueur. 
    Les contrats d'assurance de certaines sociétés iraniennes 
arriveront à échéance à la fin de l'année perse, fin mars, et, à 
l'exemple de ce qui se pratique dans les pays occidentaux en 
janvier, elles solliciteront leur renouvellement. Il pourrait y 
avoir dans le lot de ces sociétés des assureurs souhaitant 
renouveler leurs polices de réassurance. 
    "Nous avons eu suffisamment de visites (de firmes 
étrangères) (...) Reprendre les affaires pourrait être rapide, 
mais cela dépendra des conditions qu'elles nous proposent", a 
dit à Reuters Mohammad Asoudeh, vice-président et directeur 
général d'Iranian Reinsurance.  
    Sasan Soltani, directeur du développement régional d'Iran 
Insurance Company, a dit que la société avait été contactée par 
des assureurs et courtiers britanniques et japonais. 
     
    EN ATTENTE DE NOTATION 
    La levée des sanctions est toutefois une condition 
nécessaire mais non suffisante pour faire de l'assurance en 
Iran. 
    Le fait que les sanctions américaines restent en place 
soulève des interrogations sur la possibilité qu'auront les 
autres assureurs étrangers de faire des opérations en dollar 
avec l'Iran sans s'exposer au risque d'être eux-mêmes mis à 
l'index. 
    Pour autant, United Insurance Brokers (UIB), un courtier 
basé à Londres, a dit qu'il s'occupait de réassurance en Iran 
avant que ne tombent les sanctions internationales et ajouté 
qu'il comptait rouvrir son bureau de Téhéran "dès que possible", 
selon son président Bassem Kabban. 
    "Nous avons cessé notre activité à cause des sanctions mais 
nous avons maintenu les salaires de nos employés sur place 
durant les 66 derniers mois", a dit Kabban, ajoutant que se 
posait le problème pour les assureurs d'un éventuel actionnariat 
américain ou de l'existence de filiales américaines. 
    Il a ajouté que les sociétés françaises et japonaises 
arriveraient sans doute en tête sur un marché iranien de la 
réassurance où elles étaient bien implantées par le passé et 
précisé que des secteurs tels que l'aviation, l'électricité et 
l'énergie avaient de gros besoins de couverture des risques. 
    Un autre courtier basé à Londres a dit qu'il n'était pas 
question pour l'instant de s'implanter à Téhéran, préférant 
s'épargner le risque d'être "à l'avant-garde". 
    L'Iran compte 27 compagnies d'assurance et deux de 
réassurance, la plupart créées ces dix dernières années, mais, 
n'ayant pas accès aux marchés internationaux, elles ne font pas 
non plus l'objet de notations. 
    Un point susceptible de dissuader leurs homologues 
internationales, et leurs services soucieux d'éviter toute 
sanction, de faire affaire avec elles. 
    Iranian Reinsurance s'emploie à obtenir une notation et 
discute avec deux agences en ce sens, a dit Asoudeh, sans donner 
leur nom. "En raison des sanctions, elles ne pouvaient faire 
aucun évaluation, c'est pourquoi c'est notre priorité; plusieurs 
autres compagnies d'assurance iraniennes attendent également 
d'être notées."  
    A l'heure actuelle, 4% environ du total des primes 
d'assurance iraniennes sont rétrocédées à des réassureurs, ce 
qui équivaut à peu près à un volume d'affaires de réassurance de 
300 millions de dollars en Iran, a poursuivi Asoudeh. Ce volume 
devrait rapidement augmenter avec la multiplication des échanges 
avec des intervenants étrangers, a-t-il noté. 
 
 (Avec Jonathan Gould, Wilfrid Exbrayat pour le service 
français) 
 

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