Perspectives 2009 (3) : "Nous sommes sous-pondérés en actions" (Cholet Dupont AM)

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Didier Pruvost, directeur général de Cholet Dupont AM, privilégie les grosses capitalisations et le secteur des télécoms.

Pensez vous que l’année 2009 sera aussi chaotique que celle que nous venons de vivre ?

Didier Pruvost : 2008 a été une année exceptionnelle, avec un parcours hors du commun et une très forte volatilité. Nous ne devrions pas connaître le même type de contexte en 2009. Depuis la faillite de Lehman Brother la volatilité est à des niveaux exceptionnels. On peut estimer qu’elle va diminuer à mesure que la défiance va également reculer. Aujourd’hui la défiance reste très forte.

Les marchés ont ils anticipé toutes les mauvaises nouvelles ?

D. P. : Les bourses ont été relativement assez soutenues par les annonces de plan. Les politiques de deux côtés de l’Atlantique se bougent, ce qui rassurent les investisseurs. Les autorités ont pris conscience de la gravité de la crise, mais de l’autre côté les fondamentaux restent toujours mauvais. Nous sommes très prudents depuis quelques temps déjà, avant l’été. Bien que la tendance soit toujours baissière, malgré les quelques rebonds techniques que nous avons vécu, il se peut qu’un retournement de tendance se produise si un véritable catalyseur se met en place, par exemple une stabilisation des prix de l’immobilier, ou une stabilisation des spreads corporate.

Quel est votre scénario pour les marchés actions sur 2009 ?

D. P. : Nous n’envisageons pas de retournement à court terme. Des rebonds sont possible car la volatilité reste élevée, ce qui provoque souvent des écarts très important. La récession est déjà pricée selon nous. Le marché risque de rester dans une zone compris entre 2900 et 3400, sans tendance nette durant plusieurs mois. Les choses ne s’amélioreront que progressivement au fur et à mesure que les spreads de crédit se détendront et que les indicateurs fondamentaux s’amélioreront. Mais il faudra un peu de temps.

Quelle est l’allocation d’actifs que vous recommandez ?

D. P. : Nous restons très sous-pondérés en actions. Par exemple dans un portefeuille diversifié, nous n’avons que 15% d’actions, avec un équilibre entre le marché américain et le marché européen, ce qui permet de profiter d’une couverture de change. Nous avons ensuite 20% d’exposition sur les taux longs d’Etat (à travers des trackers d’Etat), qui sont des véhicules d’anticipation de baisse des taux courts. Même si un rallye a eu lieu sur cette classe d’actifs, cela reste intéressant, car les banques centrales sont loin d’avoir fini leur politique de baisse des taux. Enfin, nous investissons (15%) sur des obligations corporate à 1 ou 2 ans et sur du monétaire. Nous sommes donc prudents mais nous ne voulons pas nous faire piéger par la liquidité. Le rallye sur les obligations privées devrait précéder le rallye sur les actions, s’il a lieu. Il faut être extrêmement sélectif, mais il y a des opportunités. Mais les flux vendeurs sont encore importants.

Quels sont les secteurs que vous privilégiez ?

D. P. : Tout d’abord, il est nécessaire d’avoir une approche défensive dans un contexte baissier. Nous privilégions le secteur des télécoms comme les grands opérateurs intégrés (France Télécom, Deutsche Telekom, KPN) et les opérateurs mobiles (Vodafone, Mobistar). Nous surpondérons également le secteur de la pharmaceutique (Roche, Novartis). Nous investissons aussi sur des exploitants de réseau (gaz, électricité) qui affichent des croissances modestes mais stables. Nous privilégions les grosses capitalisations pour éviter les problèmes de liquidité.


Propos recueillis par Lucie Morlot



Perspective 2009 :
Vendredi 2 janvier (4) : CM-CIC , spécial secteur Or


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