PERSPECTIVES 2009 (2) : "Une clé d'entrée sur les bancaires en 2009" (Fortis IM)

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William de Vijlder, global chief investments officer de Fortis Investment Management, recommande la prudence à court terme mais prévoit un rebond mi-2009.

L’année 2009 devrait être aussi incertaine que 2008. Quelle stratégie de gestion faut-il adopter pour aborder 2009 ?

William de Vijlder : L’année 2008 a été selon moi l’année des extrêmes de par sa tendance baissière notamment. 2009 devrait commencer par une note hésitante et beaucoup d’inquiétante pour finir sur une note plus positive avec un fort rebond des actions et des obligations d’entreprises. La perception que nous avons du contexte macroéconomique et de tous les facteurs d'anxiété va considérablement changer durant l’année 2009, que ce soit par exemple sur l’efficacité de la politique monétaire ou sur l’ampleur du « credit crunch ». Les premiers mois de l’année ne devraient pas avoir de tendance nette avec toujours une très forte volatilité. En revanche, un rebond est à prévoir au second semestre 2009. En effet, la stabilisation de l’activité économique devrait intervenir vers la fin du troisième trimestre.

Les marchés intègrent-ils déjà cette possible amélioration de l’activité en 2009 ?

W. de V. : Il existe des scénarii où les marchés n’anticipent pas toujours l’évolution du contexte macro. Néanmoins, pour 2009 le comportement normal devrait prévaloir avec un marché qui anticipe bien, parce que les valorisations sont très attractives, que la baisse a été très importante et que le marché du crédit devrait être plus favorable qu’en 2008. Cela m’amène à l’interrogation suivante qui est que dans un monde où le nombre de défaut va augmentant, pouvons-nous voir un rallye durable au niveau du crédit ? Je pense tout d’abord qu’il suffit que le spread du taux des entreprises par rapport aux obligations d’Etat se stabilise afin d’obtenir un rendement intéressant. Ce facteur pourrait attirer un grand nombre de capitaux. Un mouvement acheteur sur les crédits pourrait commencer d’ici quelques mois.

Une tendance semble se dessiner pour 2009, à savoir celle de privilégier l’investissement sur les dettes privées des entreprises au détriment des actions. Qu’en pensez-vous ?

W. de V. : Ce n’est pas encore le cas aujourd’hui, mais il y a des signes en ce sens. Par exemple, au niveau des convertibles, où le crédit est encore plus sous-évalué, on constate un regain d’appétit. Cela pourrait aussi entraîner un retour d’appétit pour les crédits d’entreprises. Les investisseurs ne sont pas pressés car ils savent qu’il y a une forte chance que les taux de défaut augmentent encore.

Que conseillez-vous aujourd’hui en terme d’allocation d’actifs ?

W. de V. : Dans notre portefeuille diversifié, nous sommes tactiquement surpondérés en actions. Cette surpondération tactique est justifiée par un fort négativisme ambiant, c’est-à-dire un sentiment qu’il y a une exagération à la baisse. Cette politique passe également par la confiance que toutes les mesures monétaires et budgétaires seront efficaces. Notre horizon moyen est en revanche plus court que d’habitude, environ 2 à 3 mois car l’environnement change de façon importante et rapide. Nous allons commencer l’année sur une note prudente. Il manque encore des éléments indiquant que l’on évolue vers une stabilisation. L’indicateur important à surveiller sera le prix des logements aux Etats-Unis. Par ailleurs, nous surveillerons aussi le momentum des indicateurs économiques. Il faudra regarder s’il y a une stabilisation voire une légère reprise des indicateurs. Nous avons une préférence pour les actions des marchés développés et pour le crédit. Nous sommes déjà présents depuis plusieurs mois sur les credit investment grade (bonne qualité des obligations d’entreprises). Nous recommandons aussi d’acheter des obligations high yield plus tard dans l’année.

Quels secteurs ou valeurs privilégiez-vous à court terme ?

W. de V. : Il faut bien évidemment privilégier le secteur défensif. C’es le consensus actuel du marché. L’interrogation serait plutôt celle de savoir quand aura lieu la sortie de la récession ou l’anticipation de la sortie de récession. A ce moment, il faudra suivre les secteurs qui ont beaucoup souffert. Il y aura un mouvement à attendre au niveau du secteur bancaire mais aussi des secteurs des biens de consommation durables et de la technologie. Ces secteurs devraient être amener à surperformer.



Propos recueillis par Lucie Morlot



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