Personne n'aime la Northern Guard, mais elle s'en fout

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Non, le meilleur kop nord-américain ne supporte pas une franchise de la Major League Soccer, ni même de la NASL. Ce kop, la Northern Guard, a juré allégeance au Detroit City Football Club. Et chaque semaine, dans la ville du Michigan, des centaines de squelettes dansent et hurlent en jouant à Tetris.

C'est un costume dont la ville de Detroit se passerait bien aujourd'hui. Un costume moulant qu'elle s'est elle-même fabriqué dans la deuxième moitié du vingtième siècle. Le costume d'une ville salle, vétuste, délabrée et violente. Celui de l'une des pires villes des États-Unis, tout simplement. Les entreprises la fuiraient comme la peste, la criminalité y pousserait aujourd'hui dans un terreau fertile d'inégalités et de misère. Les habitants la fuiraient et plus rien de bon ne s'y passerait. Ce costume, la ville de Detroit mettra sans doute énormément de temps à l'enlever. D'autant qu'elle est une des métropoles les plus touchées par la crise des subprimes et ses relents encore bien vivaces. Pire, le 18 juillet 2013, elle est même devenue la première ville américaine à faire faillite. Tout simplement. Loin de ces considérations financières, un groupe d'hommes et de femmes amoureux de leur ville tentent tout pour la faire (re)vivre, via leur amour du ballon rond. La Northern Guard, kop symbolique, renoue avec la tradition la plus pure, la plus crue – et parfois violente – des supporters anglais d'un temps aujourd'hui révolu.

Deux frères pour une armée


Lorsqu'en 2012 une nouvelle franchise de soccer voit le jour à Detroit, il est alors impossible pour les frères Gene et Ken Butcher de ne pas faire partie de l'aventure. Fanatiques du soccer depuis qu'ils ont vu papa jouer pendant des années, mais orphelins d'une équipe locale à supporter, les deux sautent sur l'occasion de créer un groupe de supporters. "Au commencement, c'était minuscule. Quelques amis, pas plus. Puis, petit à petit, on a fait passer le mot par les réseaux sociaux, puis on s'y est mis à plein régime", expliquait Ken Butcher à World Football Supporter News. Dès le tout premier match du DCFC, la petite dizaine d'amis n'hésite pas un seul instant à déployer de gros moyens : "Pour le premier match, on avait ramené des fumigènes, des tambours, des drapeaux et des fusées. Le but, c'était de faire quelque chose de très visuel pour que les gens de tout Detroit aient envie de faire partie de notre groupe." Et pour bien se démarquer du reste des supporters, tous arborent des masques de squelettes. "On n'arrête pas de nous dire que Detroit est une putain de ville morte. Ok, si on est morts, on sera les putains de Walking Dead", plaisante Ken dans les colonnes du…


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