Perquisitions aux domiciles de Bernard Tapie et Stéphane Richard

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PARIS (Reuters) - La brigade financière a mené jeudi des perquisitions aux domiciles de l'homme d'affaires Bernard Tapie et du PDG de France Télécom Stéphane Richard, a-t-on appris de source judiciaire.

Ces perquisitions s'inscrivent dans le cadre d'une enquête sur les conditions dans lesquelles a été réglé, en 2008, le conflit entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais au sujet de la revente de l'équipementier sportif Adidas en 1993.

France Télécom, tout en confirmant la perquisition chez Stéphane Richard, s'est refusé à tout commentaire.

"Stéphane Richard confirme qu'une perquisition a été menée chez lui ce matin dans le cadre de l'enquête sur le recours à l'arbitrage CDR-Tapie", a dit une porte-parole du groupe.

"Celle-ci s'est achevée à 9h45. L'affaire étant en cours, France Télécom ne fera pas davantage de commentaire."

Le parquet de Paris a ouvert en septembre dernier une information judiciaire pour "usage abusif des pouvoirs sociaux et recel de ce délit" au préjudice du Consortium de réalisation (CDR), structure créée en 1995 pour gérer le passif du Crédit lyonnais après sa quasi-faillite.

Cette information judiciaire s'ajoutait à la procédure visant l'ancienne ministre de l'Economie Christine Lagarde, et ouverte depuis l'été 2011 par la Cour de justice de la république (CJR) pour "complicité de détournement de fonds publics et de faux".

TAPIE FAVORISÉ ?

Mercredi, les juges financiers ont obtenu du parquet de Paris l'extension de leur saisine aux faits de "détournement de fonds publics" et de "faux", a indiqué à Reuters une source judiciaire, confirmant une information du Monde. L'extension des chefs a été demandée pour permettre un "parallélisme des formes" entre ces deux procédures, a-t-on expliqué.

En 2007, Christine Lagarde, alors ministre de l'Economie, a choisi de solder par un arbitrage privé un litige judiciaire concernant la revente en 1993, par le Crédit lyonnais, d'Adidas, contrôlé par Bernard Tapie.

En juillet 2008, un tribunal arbitral a accordé 285 millions d'euros à l'homme d'affaires, qui estimait avoir été floué lors de la revente. Ce montant a par la suite été porté à plus de 400 millions d'euros avec les intérêts.

Des élus du centre et de gauche ont reproché à Christine Lagarde, dont le directeur de cabinet était Stéphane Richard, d'avoir choisi la voie d'un arbitrage privé pour régler ce litige. Mais l'actuelle directrice du Fonds monétaire international (FMI) a démenti toute malversation et a exclu de démissionner.

Ces élus soupçonnent l'Elysée d'avoir manoeuvré à l'époque pour favoriser Bernard Tapie, ancien ministre de François Mitterrand qui avait créé la surprise en soutenant Nicolas Sarkozy en 2007.

Selon Le Monde, le juge chargé à Bordeaux de l'affaire Bettencourt a transmis aux magistrats de la Cour de justice une copie d'agendas de Nicolas Sarkozy faisant état de plusieurs rencontres entre l'ancien chef de l'Etat et Bernard Tapie d'une part, et l'un des trois arbitres qui ont tranché le litige de l'autre.

Nicolas Bertin, Emmanuel Jarry, Catherine Monin et Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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