Perquisition au siège de Volkswagen à Wolfsburg

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PERQUISITION AU SIÈGE DE VOLKSWAGEN À WOLFSBURG
PERQUISITION AU SIÈGE DE VOLKSWAGEN À WOLFSBURG

par Andreas Cremer

BERLIN (Reuters) - Le parquet de Braunschweig a mené jeudi une perquisition au siège de Volkswagen à Wolfsburg et en d'autres lieux dans le cadre de l'enquête sur la falsification des tests d'émissions polluantes par le constructeur automobile allemand.

Volkswagen a déclaré qu'il participait activement à l'enquête et qu'il avait remis de nombreux documents aux enquêteurs.

Près de trois semaines après la révélation de l'affaire des logiciels de trucage des tests anti-pollution par les autorités américaines, la pression ne cesse de s'intensifier sur le premier constructeur automobile européen pour qu'il désigne des responsables, mette ses véhicules en conformité et détaille quand et où il y a eu manipulation.

Le scandale, qui a rapidement pris une dimension planétaire, a effacé plus du tiers de la capitalisation de VW, obligé son président du directoire Martin Winterkorn à démissionner et poussé son nouveau patron Matthias Müller à évoquer la possibilité d'une compression des effectifs "massive".

Le patron de VW aux Etats-Unis, auditionné ce jeudi par une sous-commission du Congrès américain, a déclaré que la falsification des tests d'émission par des logiciels ne découlait pas d'une décision de l'entreprise mais était le fait de quelques individus. "Il s'agit de quelques ingénieurs en informatique qui ont mis cela dedans pour une raison inconnue", a dit Michael Horn.

Dans un témoignage écrit soumis à une commission du Congrès à la veille de son audition, Michael Horn observe: "Au printemps 2014 (...) j'ai été informé qu'il y avait peut-être non conformité pour ce qui concernait les émissions, à laquelle il pouvait être remédié."

"J'ai aussi été informé que des ingénieurs de la société travailleraient avec les organismes pour résoudre le problème", ajoute-t-il, sans préciser l'identité de ses informateurs.

Volkswagen aura attendu le 3 septembre 2015 pour faire savoir aux autorités américaines qu'il avait installé des logiciels de contournement des tests dans certains moteurs diesel pour fausser le niveau réel de leurs émissions polluantes. C'est le 18 septembre que l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) a rendu ces faits publics.

RÉGLER LES CHOSES EN FAMILLE

Parallèlement, le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, qui cite le constructeur automobile lui-même, rapportait ce jeudi que le logiciel utilisé par VW aux Etats-Unis était également fonctionnel sur des véhicules en Europe.

VW avait précédemment dit que, bien que le logiciel ait pu être installé sur environ 11 millions de véhicules diesel, essentiellement en Europe, il n'avait aucun effet sur la majorité d'entre eux.

La filiale Audi a précisé jeudi qu'elle avait construit environ trois millions de moteurs diesel EA 189, à l'origine du scandale, dans son usine hongroise de Gyor entre 2008 et 2015.

Dans un communiqué publié ce même jeudi, VW affirme qu'il n'est pas encore en mesure de déterminer si, et dans quelle mesure, son logiciel installé sur environ huit millions de voitures en Europe fonctionne de façon illégale.

"Nous travaillons de manière intensive à trouver des solutions techniques", a dit un porte-parole de VW. "C'est pourquoi, les questions qui se posent à ce stade restent à l'état de spéculation."

Le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel a souligné que les critiques ne devaient pas dépasser la mesure. "Il ne devrait y avoir de débat ni sur l'industrie automobile, ni sur la technologie diesel", a-t-il dit après avoir assisté à une réunion du comité mondial d'entreprise de VW.

Le groupe contrôlé par le clan Piëch-Porsche ne fait pas appel à des experts externes pour l'aider à se restructurer, selon une source proche du conseil de surveillance. "Il y a une tradition bien établie qui est de régler les affaires en famille", a expliqué la source.

Mais les esprits critiques disent que le choix des nouveaux dirigeants au sein de VW pourrait compliquer la réorganisation. Ils font notamment remarquer qu'il serait difficile pour le conseil de surveillance d'engager des poursuites contre le directoire dans la mesure où, avant d'être nommé président du conseil de surveillance, Hans Dieter Pötsch siégeait au directoire en tant que directeur financier.

(Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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