Perpétuité pour un crime vieux de 30 ans à Strasbourg

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L'"ÉTRANGLEUR" DE STRASBOURG CONDAMNÉ À LA PRISON À PERPÉTUITÉ
L'"ÉTRANGLEUR" DE STRASBOURG CONDAMNÉ À LA PRISON À PERPÉTUITÉ

STRASBOURG (Reuters) - Un homme a été condamné mercredi à la réclusion criminelle à perpétuité pour meurtre, tentative de meurtre et viol respectivement sur une adolescente de 17 ans et une fillette de 11 ans, des crimes commis en 1986 par celui que la presse avait surnommé "l’étrangleur" de Strasbourg.

Deux autres agressions de jeunes femmes, que Nicolas Charbonnier, 54 ans, a reconnu avoir commises la même année dans l’agglomération strasbourgeoise, étaient prescrites en raison de la majorité des victimes et de la nature des faits.

Ce fils d’un militaire de haut rang, qui sortait lui-même, à 23 ans, d’un engagement de cinq ans dans l’armée de terre, avait par la suite mené une vie ordinaire, se mariant et ayant un enfant à l’autre bout de la France, avant d’être confondu par une empreinte palmaire après un vol en janvier 2013.

Le verdict de la cour d’assises du Bas-Rhin est conforme aux réquisitions de l’avocat général pour qui l’évolution du personnage et ses efforts pour comprendre ses passages à l’acte, ne contrebalançaient pas "l’atrocité des crimes", commis sur des victimes endormies chez qui il s’introduisait la nuit.

"Il ne souffre d’aucun trouble psychologique ou psychiatrique susceptible d’amoindrir sa responsabilité pénale. C’est quelqu’un qui avait à tout moment le choix de tout arrêter", a affirmé Laurent Guy.

Les avocats de la défense ont au contraire invité les jurés à tenir compte des 27 ans de rédemption entre les faits et son interpellation pour laisser à l’accusé, décrit comme "bon fils, bon frère, bon époux et bon père", une chance de réinsertion dans la société.

Me Caroline Bolla a tenté d’expliquer les crimes de Nicolas Charbonnier par "une addition de frustrations" affectives et sexuelles nées de la difficulté à trouver sa place, dans une famille catholique traditionnelle, entre un père autoritaire et une mère trop occupée avec ses neuf enfants.

"Si à une époque il a vendu son âme au diable, il l’a reprise", a soutenu son confrère, Me Eric Braun.

(Gilbert Reilhac, édité par Sophie Louet)

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